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La longue liste des enfants tués à Gaza : Save the Children publie leurs noms


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La longue liste des enfants tués à Gaza : Save the Children publie leurs noms

“Aidez-nous à garantir que ce sont les derniers”, c’est le cri du coeur de l’ONG Save the Children. Le voeu que ce soit les derniers enfants tués dans la bande de Gaza, victimes innocentes des combats acharnés que se livrent des adultes israéliens et palestiniens, paraît impossible à réaliser. Save the Children publie ce qui ressemble à un avis d’obsèques sans fin : on peut y lire, sur fond noir, une longue liste des noms et des âges des jeunes garçons et filles et bébés palestiniens morts pendant l’opération militaire israélienne. Le décompte officiel, fourni par l’ONU, était de 373 noms le 3 août dernier. Grâce au dernier cessez-le-feu, les recherches de corps dans les ruines ont pu reprendre, et le bilan des enfants tués s’est alourdi, passant à 408. “La mort d’un enfant est déjà de trop, réagit Justin Forsyth, le PDG de Save the Children, celle de 373 (408 maintenant) est une atrocité qui entache la conscience du monde”.


“Pour chaque enfant décédé, explique à Euronews Krista Armstrong, une porte-parole de l’ONG, il y en a mille traumatisés par la mort de leurs petits camarades, de leurs frères et soeurs, de leurs parents, de membres de leur famille”…“Nous sommes basés à Gaza depuis plus de trente ans, poursuit-elle, nous avons 22 salariés sur le terrain et nous suivons de près la santé maternelle et infantile, plus particulièrement dans certains hôpitaux du nord de la bande de Gaza”. “Au centre hospitalier Al-Awda, révèle Krista Armstrong, nous avons constaté que le taux de naissances prématurées a doublé depuis le début de l’offensive israélienne à cause du stress subi par les femmes palestiniennes enceintes”. Les hôpitaux qui reçoivent une aide de Save the Children n’ont pas été détruits par les bombardements mais les coupures d‘électricité et la pénurie de fioul les handicapent en permanence. De plus, les générateurs électriques sont en très mauvais état et l’eau manque, ce qui accentue les risques d‘épidémies.


Depuis 95 ans qu’elle existe, l’organisation non gouvernementale, qui a vu le jour au Royaume-Uni, n’a pas cessé de défendre les droits des enfants à la santé, à l’éducation et à la protection en cas de guerre ou de catastrophe naturelle. Save the Children s’implique concrètement dans 120 pays désormais. L’expérience qu’elle vit actuellement dans la bande de Gaza est “traumatisante et frustrante”, indique Krista Armstrong, car la sécurité de ses membres est menacée et ils ne peuvent pas agir aussi vite qu’ils le voudraient. “Etre de nouveau en action grâce à une trêve, cela aide psychologiquement, mais la crainte est toujours là”. Pendant le dernier cessez-le-feu, 4 000 litres d’eau par jour ont pu être distribués aux sinistrés. 900 familles de déplacés palestiniens ont reçu un kit pour maintenir une hygiène de base, 500 jerricanes ont été donnés pour aller chercher de l’eau.


Un cessez-le-feu permet également de rendre visite aux couples avec enfants qui possèdent encore un foyer. Ils sont de plus en plus rares, 10 700 maisons ont été détruites lors des combats entre l’armée israélienne et les combattants du Hamas, c’est le dernier bilan annoncé par l’ONU. L’aide psycho-sociale est essentielle pour les petits pris dans la tourmente de la guerre, et pour leur apporter cette aide dans les meilleures conditions, Save the Children installe tant bien que mal à Gaza des centres d’activité ludique où les enfants traumatisés peuvent être suivis par des psychologues. A plus long terme, l’ONG appelle à “une trêve permanente”, autrement dit à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Mise en page : Erik Nelson
Crédit photo de la une : Jozef Nateel / Save the Children

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