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Ebola, les enjeux médicaux


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Ebola, les enjeux médicaux

Il s’agit de la plus grave épidémie d’Ebola en près de 40 ans d’histoire de la maladie. Selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé, elle a fait 887 morts sur 1 603 cas recensés en Guinée, au Libéria, et en Sierra Leone.

Ces pays ont annoncé des mesures drastiques pour tenter de contenir l‘épidémie, comme la fermeture d‘écoles et la mise en quarantaine des maisons des personnes touchées. Mais les structures sanitaires n’ont pas les moyens nécessaires. De plus, les populations n’ont guère confiance de pouvoir etre soignés efficacement.

Sylvain Baize, Institut Pasteur:
“Si les populations acceptent d’aller à l’hôpital quand elles sont malades, si elles acceptent qu’on vienne chercher les patients à la maison et qu’on les amène à l’hôpital pour leur prodiguer des soins, l‘épidémie s’arrètera très rapidement. Le problème, ce sont les gens qui ne veulent pas finalement accepter ces mesures et qui se cachent, ou les familles qui viennent récupérer les malades dans les hôpitaux et qui les ramènent chez elles, et ça contribue à la transmission du virus”.

Foyer initial de l‘épidémie, la Guinée a payé un lourd tribut depuis le début de l’année, mais la situation semble se stabiliser dans plusieurs régions. Par contre, le Libéria et la Sierra Léone sont considérés depuis le mois de juin comme l‘épicentre de l‘épidémie.

L’importation du virus en Europe est théoriquement possible, mais le risque est faible, surtout grâce aux contrôles et à la vigilance dans les aéroports.

Sylvain Baize:
“Le virus Ebola n’a absolument pas de potentiel pandémique, on a une contamination, une transmission de proche en proche. Le risque de transmission dans les pays assez lointains de la zone d’endémie, la zone d‘épidémie en fait, est très limité. On peut éventuellement avoir un cas d’importation, en France par exemple, mais tout est mis en oeuvre pour éviter une transmission secondaire dans ces pays. En revanche, je suis plus inquiet pour les pays limitrophes des pays touchés actuellement, où là, les frontières terrestres peuvent permettre de transmettre l‘épidémie dans d’autres pays”.

Il n’existe actuellement aucun traitement ni vaccin validé contre Ebola. Par contre, de nombreux protocoles expérimentaux sont actuellement testés, comme celui qui a été pratiqué à deux patients américains touchés par le virus et récemment rapatriés d’Afrique. Ce cocktail d’anticorps a été baptisé ZMapp.

Sylvain Baize:
“C’est un traitement qui est basé sur le mélange d’anticorps monoclonaux, donc les anticorps qui sont produits et qui sont capables de neutraliser le virus, c’est-à-dire de l’empêcher de pénétrer dans les cellules, d’infecter de nouvelles cellules. Donc ce traitement est très expérimental, il n’avait été testé pour l’instant que sur des primates, il a montré une efficacité sur ces primates, mais uniquement quand il était administré très tôt après l’infection. Donc, il faut rester mesuré par rapport à ça, dans le sens où les médecins qui ont reçu ce traitement l’ont reçu très tardivement après l’infection, et pas forcément à un moment où il peut être encore actif”.

Ce sérum expérimental a soulevé des espoirs dans les pays affectés par le virus. Mais les scientifiques restent prudents.

Sylvain Baize:
“On peut comprendre pourquoi ces médecins ont accepté de recevoir le traitement, ils ont porté un consentement tout à fait éclairé sans doute. En revanche, il me semple beaucoup plus délicat d’essayer d’utiliser ce traitement sur les populations actuellement touchées, étant donné le coté très préliminaire de toutes ces études”.

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