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Moscou interdit l'importation de produits agricoles européens

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Moscou interdit l'importation de produits agricoles européens

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C’est officiel, la Russie suspend ses importations de produits frais.
Sont touchés : l’Union européenne, les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Norvège. Tous ont adopté des sanctions économiques contre Moscou.

Ainsi ces emballages contenant fruits, légumes ou poissons, et estampillés des bannières de pays européens pourraient-ils disparaître des étals dès ce jeudi; le décret d’interdiction vient d’entrer en vigueur pour un an.

Réaction à Moscou, où entre 60 et 70% des besoins alimentaires sont importés :

“Je ne pense pas qu’on va perdre grand chose, relativise Irina, une consommatrice. Car en même temps, on va développer notre agriculture et des échanges commerciaux avec d’autres pays.”

Si la Russie est exportatrice de céréales, elle importe 43% de sa consommation alimentaire selon le think tank The Institute for Complex. Strategic Studies (ICSS), qui combine des statistiques russes et européennes.

Les interdictions d’importations touchent les fruits, les légumes, denrées pour lesquelles Moscou dépend à 65% de l’extérieur, les viandes, les poissons, le lait et les produits laitiers (50% des importations).

Cet embarguo pourrait aussi pénaliser les pays européens.
Les produits agroalimentaires pèsent environ 12 milliards d’euros, soit près de 10% du total des exportations de l’UE vers la Russie.
La France a exporté en 2013 un peu plus d’1 milliards d’euros de produits agro-alimentaires vers la Russie, dont 450 millions en boissons alcooliséess.

Cet embarguo pourrait-il provoquer une situation de crise en Europe?

“Les pays du sud de l’Europe vont être les plus touchés, surtout l’Espagne et la Grèce, avance Stefan Bielmeier, économiste en chef à DZ Bank. La Pologne et les petits pays de l’est de l’Europe vont aussi être affectés, il est encore possible que les Etats-Unis et leurs exportations de viande le soient. Mais dans l’ensemble, je ne vois pas d’impact important.”

Autre mesure de rétorsion brandie depuis lundi par le Kremlin : l’interdiction de survol du territoire russe par des compagnies européennes telles que Lufthansa, British Airways ou Air France.
Une option réitérée ce jeudi par le Premier ministre Medvedev.

Si le surcoût de carburant pour contourner la Russie se répercuterait sur les prix, une telle mesure affecterait également Aeroflot.
La principale compagnie aérienne russe perçoit en effet des indemnités pour ces vols de transit, estimées à environ 200 millions d’euros par an.