DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Prise de Karakoch, un moine de la communauté Al-Khalil témoigne

Vous lisez:

Prise de Karakoch, un moine de la communauté Al-Khalil témoigne

Taille du texte Aa Aa

Karakoch est désormais aux mains des insurgés sunnites et de nombreux chrétiens ont du fuir. Le Frère Sébastien, un moine de la communauté Al-Khalil, fondée par Paolo Dall’Oglio, le prêtre jésuite enlevé en Syrie il y a un an, raconte.

“Les chrétiens sont effondrés et déprimés et se demandent ce qui leur arrive, car Karakoch était leur capitale culturelle.
Les groupes de l‘État islamique étaient tout proches dans cette steppe de la plaine de Ninive. Finalement, les Kurdes ont été débordés, ils ont donc été obligés de se retirer. Au milieu de la nuit, ils ont téléphoné à l‘évêque qui est un peu l’autorité de la ville pour lui dire qu’ils quittaient leur poste. À ce moment-là, ça a été la panique et toute la population est partie.
C’est un désastre humanitaire énorme, gigantesque. Des familles ont passé huit heures au checkpoint au milieu de la nuit avec l’impression que l’Etat islamique était juste derrière eux. Et le checkpoint n’ouvrait pas ses portes car les forces kurdes contrôlaient tout le monde pour des raisons de sécurité. Certains ont attendu des heures avec des nourrissons dans les bras. C’est une tragédie”.

Selon d’autres témoignages, dans les villes aux mains des djihadistes, les églises seraient occupées, leurs croix auraient été enlevées et plus de 1 500 manuscrits auraient été brûlés.