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Pari réussi pour Recep Tayyip Erdogan

Recep Tayyip Erdogan a réussi son pari : être le premier président de la république turque élu au suffrage universel direct et ce dès le premier tour du scrutin.

La journée était historique en Turquie puisque, jusqu’ici, le président turc était choisi par le parlement, comme ce fut le cas pour le président sortant, Abdullah Gül.

“Les querelles appartiennent au passé, la Turquie débute une nouvelle ère, celle de la réconciliation sociale”, a déclaré Recep Tayyip Erdogan devant ses partisans ce dimanche soir au balcon du siège de l’AKP (le parti de la Justice et du Développement) à Ankara.

Le Premier ministre sortant – qui ne pouvait pas briguer de nouveau mandat à la tête du gouvernement lors des législatives de 2015 – a ainsi appelé à l’unité de la nation turque au-delà des clivages ethniques, culturels ou religieux, lui qui avait pourtant largement critiqué ses adversaires durant la campagne électorale.

“Je demande à ceux qui me traitent de dictateur, qui m’accusent de dérive autoritaire, de faire leur examen de conscience et de se regarder d’abord dans le miroir”, a-t-il dit. “Nous nous souvenons des souffrances que nous avons endurées lorsque nous étions dans l’opposition”.

Recep Tayyip Erdogan a voulu répondre à ses détracteurs qui dénoncent la dérive islamiste et autoritaire du Premier ministre sortant suite au blocage des réseaux sociaux, à la censure imposée aux médias, aux scandales de corruption et aux limogeages de masse exercés au sein de la police, sans parler de la répression du mouvement Gezi à l‘été 2013.

Malgré tout, Recep Tayyip Erdogan reste l’homme fort de la Turquie. Le leader de l’AKP obtiendrait près de 52% des voix selon des résultats quasi définitifs (après le dépouillement de près de 99% des bulletins), contre plus de 38% pour son principal rival Ekmeleddin Ihsanoglu, candidat commun du parti républicain du peuple (CHP), et du parti du mouvement nationaliste (MHP), les deux principaux partis d’opposition. Selahatin Demirtas, le représentant de la minorité kurde, obtient lui près de 10% des suffrages.

Recep Tayyip Erdogan ne veut pas être “un président neutre”. Pas question, pour lui, d’inaugurer les chrysanthèmes comme le prévoit la Constitution. Il veut, au contraire, être un président actif. La fonction présidentielle est donc amenée à évoluer. Le Premier ministre sortant n’a pas caché sa volonté d’instaurer un régime présidentiel dans son pays et a déclaré clairement dimanche soir que son élection au suffrage universel lui permettrait d’avoir cette légitimité en tant que “président du peuple”.

S’il va au bout de son mandat de cinq ans de président, Recep Tayyip Erdogan (Premier ministre depuis 2003) dépassera en longévité au pouvoir Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la république turque.

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