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Un sommet de l'OTAN qui sera dominé par l'Ukraine

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Un sommet de l'OTAN qui sera dominé par l'Ukraine

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Newport, au Pays de Galles. C’est ici que va se dérouler, sur deux jours, le sommet de l’OTAN. Des mesures de sécurité maximales ont été prises pour les soixante chefs d‘État et de gouvernement attendus et les quelque 4 000 délégués.

Un sommet chargé en thèmes de discussion comme rarement ces dernières années. Le sujet le plus pressant étant, bien entendu, la tension entre la Russie et l’Ukraine, sur fond de guerre dans l’Est de cette dernière. Malgré le regain d’activité diplomatique qui semble avoir lieu depuis mardi, la situation reste explosive. Pour autant, une éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ne sera pas abordée.

Les membres de l’Alliance doivent décider s’ils fourniront des armes sophistiquées à Kiev et si de nouvelles sanctions seront imposées à la Russie. Il s’agira également de la possible création d’une force de réaction rapide en Europe de l’Est – 4 000 soldats mobilisables en 48 heures maximum – une sorte de rempart contre une éventuelle agression russe.

Autre sujet de fortes préoccupations, la menace que fait peser l‘État islamique (EI), cette organisation terroriste qui sème le chaos en Syrie et en Irak. Washington compte demander à ses partenaires de constituer une large coalition internationale afin de mettre en œuvre une stratégie adaptée face aux djihadistes.

Face à ces nouveaux fronts de tensions en Europe et au Moyen-Orient, l’Afghanistan semble moins important. Semble seulement. Il s’agira de parler du retrait des troupes après plus de dix ans d’opérations. Retrait qui devrait s’achever d’ici la fin de l’année, même si certaines inquiétudes persistent. La dispute actuelle sur le résultat de la présidentielle fait peser le risque d’un vide politique dont pourraient profiter les talibans.

Pour finir, ce sommet est le dernier d’Anders Fogh Rasmusen. Le Danois arrive au terme de son mandat de cinq ans au poste de secrétaire général. Il va donc nommer son successeur, l’ex-Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg. Ce dernier entrera en fonction le 1er octobre.

L’Ukraine, ce sera en tout cas le plat de résistance de ce sommet et c’est l’objet des tensions grandissantes entre l’Alliance atlantique et son partenaire russe. Ces tensions, nous en avons parlé avec le représentant russe auprès de l’OTAN Alexander Grushko.

euronews : “Monsieur Grushko, la Russie sera au menu de l’OTAN ce jeudi, que pensez-vous du fait que la Russie n’ait pas été invitée ? “

Alexander Grushko : “ Il n‘était pas vraiment question d’organiser un sommet commun. Mais après que les pays de l’OTAN se soient retirés de manière unilatérale des projects de coopération avec la Russie en avril dernier, il ne pouvait plus en être question. Qu’ils discutent de leurs problèmes ensemble. “

euronews : “ Comment est-ce que la Russie interprête l’intention de l’OTAN d’accroître sa présence en Europe de l’Est ? “

Alexander Grushko : “ De manière très négative. Nous ne le cachons pas. Nous avons déjà exprimé à plusieurs reprises nos préoccupations concernant les activités aux abords des frontières russes, sur le terrain, dans les airs et en mer. Cela nous préoccupe pour plusieurs raisons. En premier lieu, rien ne justifie ces activités accrues de l’OTAN. “

euronews : “ Mais les pays d’Europe de l’Est s’inquiètent pour leur sécurité en raison de l’attitude de la Russie en Ukraine qu’ils considèrent comme une agression. N’est-ce pas justifié ? “

Alexander Grushko : “ Ces inquiétudes sont sans fondement. Nous avons prouvé à plusieurs reprises que les soit-disant données fournies par l’OTAN et les capitales européennes ne sont pas des faits mais des documents fabriqués de toutes pièces. Il n’y a ni concentration de troupes ni mouvements d‘équipements militaires de notre part qui puissent être considérés comme déstabilisants. De manière générale, je pense que ces réactions relèvent plutôt de la phobie et pas de véritables inquiétudes sécuritaires. Et les phobies ne peuvent pas être traitées en déployant des tanks et des troupes de combat. De nombreux pays devraient plutôt se concentrer sur les problèmes qui existent dans leurs sociétés. “

euronews : “ Certains participants au sommet accusent la Russie de violer l’Acte fondateur qui régit vos relations avec l’OTAN. C’est pourquoi ils disent ne pas y être tenus non plus. Est-ce que ce document est important pour vous ? “

Alexander Grushko : “ Dans cette affaire, l’OTAN a pris une voie qui pourrait sérieusement affaiblir la sécurité régionale et mondiale. D’un côté, elle lance des préparatifs militaires contre la Russie. De l’autre, elle réduit sa capacité à coopérer avec la Russie concernant des problèmes sur lesquels l’OTAN ne peut pas agir efficacement seule sans interaction avec les acteurs internationaux, y compris la Russie. “