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La BCE explore des territoires non conventionnels pour soutenir la croissance

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La BCE explore des territoires non conventionnels pour soutenir la croissance

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La Banque centrale européenne a pris tout le monde par surprise jeudi en abaissant une nouvelle fois son principal taux d’intérêt directeur de 0,15 à 0,05%. C’est le taux auquel les banques commerciales s’approvisionnent aux guichets de la BCE.

La seconde décision prise par le conseil de la BCE c’est un programme de rachats d’actifs financiers : titres de créances et obligations de haute qualité. On en connaîtra le montant début octobre.
Le représentant allemand au Conseil des gouverneurs de la BCE s’est opposé à ces deux décisions.

“Les décisions d’aujourd’hui, couplées aux autres mesures déjà en place, ont été prises avec l’objectif de soutenir l’ancrage solide des perspectives inflationnistes à moyen et long terme, en accord avec notre souhait de maintenir le taux de hausse des prix en dessous mais à proximité de 2%”.
Et s’il devenait nécessaire de lutter contre cette faible inflation sur une période trop longue, a ajouté Mario Draghi, le Conseil des gouverneurs a été unanime dans son engagement à utiliser des instruments non conventionnels supplémentaires dans le cadre de son mandat”.

Le principal taux d’intérêt directeur de la BCE est désormais le plus bas des taux des grandes banques centrales. Que ce soit aux Etats Unis oú il se monte à 0-0,25%, au Japon : 0,3% et en Grande Bretagne 0,5% : ces taux d’intérêt sont tous à un niveau historiquement bas. Mais certains ne devraient pas tarder à remonter, aux Etats Unis notamment.

“La partie non conventionnelle de ces mesures, c’est la BCE qui va rendre possible pour les banques de détails de la zone euro, de vendre des ABS : des titres de créances qui sont en fait des prêts transformés en titres financiers, explique l‘économiste portugais Rui Barbara de Banco Carregosa. Nous sommes très loin d’une bulle immobilière ici en Europe”.
En fait c’est exactement le contraire car les banques ne distribuent pas de prêts immobiliers”.

Encore faut-il que les demandes de prêt augmentent. Or la BCE a encore réduit ses perspectives de croissance dans la zone euro pour 2014 et 2015. En période de faible croissance et de fort chômage, on a moins envie d’emprunter.

Les banques vont pouvoir vendre à la BCE leurs titres de créances, très bien. Mais rien ne dit qu’avec les liquidités récoltées elles vont prêter plus.

La BCE ne peut pas tout faire. C’est pourquoi Mario Draghi exhorte régulièrement les Etats membres de la zone euro à effectuer les réformes structurelles – sur le marché du travail notamment – qui fabriqueront la croissance de demain.