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Les entreprises étrangères ont une vision à long terme de leur activité en Russie

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Les entreprises étrangères ont une vision à long terme de leur activité en Russie

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Tout le monde loin s’en faut, n’est pas d’accord avec les sanctions prises par les Etats Unis et l’Union européenne à l’encontre des entreprises publiques russes.
Il s’agit surtout des entreprises étrangères, occidentales et allemandes principalement. Plusieurs milliers d’entreprises allemandes travaillent en Russie et la détèrioration
de l’activité économique les inquiète fortement.
De plus, ces entreprises doivent vérifier si leurs relations d’affaires : fournisseurs, clients, partenaires… ne figurent pas sur la liste des entreprises sanctionnées.
Pourtant, la vision des entreprises étrangères installées en Russie est une vision à long terme.
Franchement, ne pensez pas un instant que Volkswagen ou Renault puissent quitter la Russie à cause de l’environnement défavorable qui a fait chuter les ventes de voitures de 23% en juillet et 26% en aout sur le marché national russe. Un jour ce marché à fort potentiel repartira.

euronews :
Avec nous, Sergej Sumlenny, de “Russie Consulting”, une société de conseil aux entreprises allemandes qui travaillent sur ce marché très particulier qu’est la Russie. Des sanctions plus dures, une situation qui évolue vite…. Que doivent faire les entreprises occidentales pour continuer à travailler en Russie?

Sergej Sumlenny, “Russia Consulting” :
Si les sociétés occidentales veulent continuer à travailler en Russie, elles doivent franchir des étapes très simples, et tout d’abord, vérifier tout leur réseau d’affaires.Comme vous le savez, les sanctions américaines et européennes bannissent tout contact avec des entreprises figurant sur la liste des sanctions, ainsi que leurs filiales. C’est la raison pour laquelle une société étrangère en Russie doit vérifier la structure du capital de chaque société avec laquelle elle fait des affaires – fournisseurs, clients, partenaires, etc – et voir si elles figurent, directement ou indirectement, sur la liste noire.

euronews :
Cela signifie je suppose, que les entreprises occidentales doivent changer leur façon de travailler, avec ces sanctions. Peut-on imaginer une sortie des entreprises du marché russe pour cette raison?

Sergej Sumlenny :
Cela concerne naturellement les entreprises qui opèrent dans les secteurs le plus visés par ces sanctions. Je pense par exemple aux entreprises allemandes qui fournissent des équipements militaires ou encore des technologies pour l’extraction pétrolière, tous ces secteurs soumis à des sanctions sectorielles actuellement. Elles doivent maintenant revoir leur façon de travailler, et décider si elles comptent rester en Russie.
Mais il est clair que ces secteurs touchés représentent un nombre relativement restreint de sociétés. En général, la plupart des entreprises allemandes en Russie vendent des machines-outils ou fournissent des services. Elles ne sont pas directement touchées par les sanctions. Elles continuent à travailler, mais elles doivent, c’est sur, vérifier leurs liens d’affaires.
Globalement, les entreprise allemandes, et européennes en général continuent à travailler en Russie, car la Russie reste un marché attrayant pour elles. Mais il est sur que cette “spirale de sanctions” qui s’engage sous nos yeux crée un certain déséquilibre dans les stratégies d’affaires. Nous savons qu’un grand nombre d’entreprises ont déjà gelé leurs projets d’investissement en Russie, qu’elles immobilisent leurs fonds.
Mais elles gardent leurs plans pour le long terme. Par exemple, le plus gros des affaires allemandes en Russie concernent des moyennes entreprises – environ 6.000 entreprises allemandes travaillent en Russie maintenant – et leurs plans sont des plans à long terme, pas pour quelques mois ou un an, leur stratégie porte sur plusieurs années, voire des décennies. C’est avec une vision à long terme que ces entreprises vont rester en Russie.

euronews :
On voit que les sanctions européennes ont amené des contre-sanctions russes, c’est la réponse du gouvernement russe. Peuvent-elles jouer sur la volonté des Européens de rester présents sur ce marché?

Sergej Sumlenny :
Des sanctions provoquent toujours des réactions. Mais la situation dans laquelle nous sommes pourrait devenir un cercle vicieux. Les autorités russes ont déjà annoncé qu’elles répondront aux sanctions européennes. Si l’Europe réplique à nouveau, si l’UE impose de nouvelles sanctions, la situation peut devenir bien plus difficile pour les entreprises. Les affaires pourraient vraiment en pâtir si les sanctions s’emballent, cela pourrait poser de plus en plus de problèmes pour les investissements.