DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Hongrie : les ONG norvégiennes dans le collimateur du gouvernement


Hongrie

Hongrie : les ONG norvégiennes dans le collimateur du gouvernement

Les récentes mesures de répression à l’encontre des ONG étrangères travaillant en Hongrie suscitent une nouvelle vague d’inquiétude quant aux dérives autoritaires du gouvernement Orban.

La semaine dernière, la fondation Ökotárs, chargée de ventiler l’aide norvégienne à la société civile a été perquisitionnée dans le cadre d’une enquête pour “détournement de fonds et activités financières illégales”.

En tout, 58 organisations financées par la Norvège seraient visées depuis juin, au motif qu’elles soutiendraient des “activités politiques”.

Veronika Mora, directrice de la Fondation Ökotárs : “ nous trouvons inutile et disproportionné qu’ils viennent ici avec d‘énormes moyens de police, sans préavis pour saisir les documents. S’ils nous avaient demandé les documents dans une lettre, nous les aurions fournis.”

Transparency International figure aussi parmi les ONG jugées suspectes par le gouvernement hongrois. Dans le passé, elle a souligné “ les risques importants de corruption liés aux relations étroites entre l‘élite politique et le monde des affaires du pays”.

József Martin, Transparency International : “ cette enquête est basée sur des motivations politiques : d’abord, ils désignent un groupe d’ONG qui sont, selon eux, préjudiciables au gouvernement, et ensuite, ils lâchent les autorités contre elles.”

Le gouvernement assure qu’il ne fait que son travail.

Son porte-parole, Zoltán Kovács : “ il est facile de parler de théories du complot, pour s’en servir ensuite à des fins politiques. Mais ces ONG ne constituent qu’une petite partie de la société civile, et elles sont soupçonnées de ne pas utiliser l’argent aux fins prévues, ce qu’elles ont partiellement admis. Ces perquisitions ne signifient en aucun cas que toutes les ONG opérant en Hongrie sont visées “.

La Hongrie risque maintenant de perdre des millions de dollars d’aide en provenance de Norvège, celle-ci a parlé de “répression inacceptable”, et d’une preuve que le gouvernement hongrois veut faire taire les ONG jugées critiques envers les autorités.

Tove Skarstein, ambassadeur de Norvège à la Hongrie : “ les fonds des ONG ne sont pas des fonds publics hongrois. C’est l’argent du gouvernement norvégien, pas l’argent public hongrois. Il ne vient pas du budget hongrois, il vient directement de Bruxelles, du secrétariat des donateurs à Bruxelles.”

Des mesures de répression qui ont déclenché des manifestations pacifiques contre le gouvernement de Budapest ce week-end. Dans un tweet, le président du Parlement européen, Martin Schultz, a jugé ces “perquisitions profondément préoccupantes”, ajoutant que “si les voix dissidentes dynamisent une société, cette répression a l’effet contraire.”

“ Toutes les ONG financées par les subventions norvégiennes ne sont pas concernées, comme celle-ci, qui fournit des chiens d’assistance aux personnes handicapées, mais beaucoup craignent d‘être visées à leur tour, si la situation ne s’améliore pas”, conclut notre correspondante Andrea Hajagos.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

Ecosse : "la tension est à son comble" à la veille du référendum (euronews)