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Se tromper, c'est déjà apprendre !


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Se tromper, c'est déjà apprendre !

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Plutôt que de s’offusquer des erreurs de leurs élèves, les enseignants sont de plus en plus nombreux à les encourager à oser se tromper et apprendre de leurs échecs. Voyons quelques exemples d’initiatives menées en ce sens.

Grande-Bretagne : les jeux vidéo comme modèle

Quand une partie de jeu vidéo se termine par un game over, on peut toujours retenter sa chance. C’est ce principe qui est repris par un consultant spécialiste de l‘éducation en Grande-Bretagne. Steve Harris forme des enseignants deux à trois fois par mois et leur expose ses méthodes inspirées par les jeux vidéo sur l’apprentissage par l‘échec. Tout repose sur le plaisir de réussir et la motivation. “Les jeux font de l‘échec quelque chose de très peu risqué, qui ne fait pas peur,” insiste l’expert, “souvent, ils vont vous replacer là où vous vous trouviez avant d‘échouer, ce qui vous encourage à tenter encore votre chance et le jeu peut même vous donner une récompense parce que vous êtes persévérants.”
Reste à trouver comment contourner le problème de l’embarras de certains élèves qui n’osent pas se tromper devant les autres. Il faut “peut-être faire en sorte de gérer les erreurs de l’enfant de manière personnelle et privée avec lui,” estime Jonathan Hunter-Kelm, enseignant dans une école primaire de Bradford.

Au Mexique, on crée pour apprendre les langues

Dans la ville mexicaine de Merida, un centre de formation baptisé Habla met en avant une démarche qui se veut différente pour enseigner les langues étrangères. On n’y passe aucun test : on expérimente, par exemple en interprétant des poèmes en anglais. Les élèves se trompent, mais on ne leur en tient pas rigueur, le plus important étant de prendre des risques. Leur enseignant, notamment Kurt Wootton qui est aussi le co-fondateur de cette école, les guide et anime une forme de conversation. “Dans nos vies, on expérimente, on fait des erreurs et en comprenant ce qu’on peut apprendre de nos échecs, on avance,” lance Kurt Wootton. “On veut un environnement éducatif qui reflète vraiment la manière dont nous agissons en tant qu‘êtres humains,” poursuit-il, “et non pas cet enseignement mal fait qui repose sur des interrogations surprise.” Les participants échangent des idées et pointent ce qui est faux et ce qui peut être amélioré.
Les cours de langue s’adressent aux adultes comme aux plus jeunes : certains écrivent des Haïkus, d’autres réalisent un court-métrage d’animation en utilisant l’anglais par exemple.

Une équipe de foot italienne, championne du fair-play

Dans la ville de Bolzano, une équipe de foot Excelsior fait parler d’elle non pas pour ses résultats sur le terrain, mais pour les valeurs qu’elle représente. Elle est bonne dernière au classement de la troisième catégorie du championnat provincial italien et son palmarès depuis treize ans est renversant : 247 défaites pour une seule victoire !
Ses joueurs font preuve d’un engagement à toute épreuve malgré leur manque de résultats. Leur niveau est certes moyen, mais tous ont le droit d‘évoluer sur le terrain. Leur maître-mot : il faut tirer les leçons de ses erreurs et se donner à 100 %, voire plus sur le terrain. Le plus petit progrès de chacun est salué comme une victoire sur lui-même. “À chaque fois que notre gardien Roby fait un arrêt, on est encore plus content que si on avait marqué un but !” nous explique Patrick, un attaquant. “On perd sur le terrain, mais on est des gagnants,” renchérit l’entraîneur des gardiens, Antonio, “notre force, c’est de toujours essayer de devenir meilleurs, c’est comme dans la vie !”
L‘équipe a été créée par l’association à but non-lucratif “La Strada / Der Weg” qui voit dans les valeurs du sport les plus nobles, la clé pour encourager la qualité de vie.

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