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Le traité de Paris, un des actes fondateurs du Canada, exposé à Québec


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Le traité de Paris, un des actes fondateurs du Canada, exposé à Québec

Attention grand moment d’histoire ! Depuis sa signature en 1763 – il y a 261 ans – le traité de Paris n’avait jamais quitté la capitale française. Pour la première fois, ce document a quitté les archives du ministère français des Affaires étrangères pour être exposé à Québec, la capitale de la province canadienne éponyme. Ce texte jouit d’une place centrale dans l’histoire du Canada en scellant la fin des possessions françaises en Amérique du Nord : la majeure partie de la Nouvelle-France était cédée à la couronne Britannique, le Canada moderne prenait forme.

Ce manuscrit n’a jamais été proposé au public. L’exposition qui débute ce mardi à Québec au musée de la civilisation est donc une grande première. L’acheminement du document par avion a fait l’objet de tous les soins ; il a été « escorté » en personne par une conservatrice du ministère français des Affaires étrangères.
Le traité est arrivé dans la province francophone samedi dernier dans une caisse résistante à toutes conditions. Il a ensuite été laissé au repos pour s’acclimater à son nouveau milieu et a été sorti de son conteneur 48 heures plus tard.
Le texte a été officiellement présenté lundi soir.

Le traité de Paris ne sera exposé qu’une dizaine de jours, jusqu’au 2 octobre prochain. De plus, la durée de la visite, qui se fera toujours par petits groupes, pourra être limitée à 20 minutes selon l’affluence, afin de ne pas altérer l’intégrité du précieux document. Pour permettre une conservation optimale, le parchemin est maintenu à des degrés de température, de lumière et d’humidité constants.


Le musée de la civilisation de Québec

« Sa Majesté Trés Chretienne cede & garantit à Sa dite Majesté Britannique, en toute Proprieté, le Canada avec toutes ses Dependances »
Extrait de l’article IV du traité de Paris (1763)

Le 10 février 1763, la guerre de sept ans prend définitivement fin ; la victoire du Royaume de Grande-Bretagne est entérinée par la signature d’un traité – rédigé en français, en espagnol et en latin – aux termes duquel de nombreux territoires changent de main. Londres s’affirme ainsi comme la grande puissance en renforçant sa présence en Amérique du Nord et en Inde. Les deux autres signataires représentant la France et l’Espagne, deux des pays vaincus à l’issue de ce conflit mondial, sortent largement affaiblis. Madrid cède la Floride à la Grande-Bretagne mais reçoit de la France la Louisiane et la Nouvelle-Orléans. La France se satisfait de recevoir Saint-Pierre et Miquelon et de récupérer ses îles dans les Antilles. La Guadeloupe et la Martinique, vitales pour l’économie du Royaume (sucre, vanille), avait été, en effet, conquises par les Britanniques.


Carte de l’Amérique du Nord à l’issue du traité de Paris (1763)

La venue du traité au Canada a fait l’objet de plus d’un an de discussions entre Paris et Québec. A l’origine, il avait été également envisagé d’exposer le document à Montréal à la Bibliothèque et Archives nationales du Quebec (BAnQ). Mais en raison de la fragilité du document et des mesures à mettre en œuvre pour permettre sa conservation dans de bonnes conditions, cette seconde exposition est restée à l’état de projet.

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