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Changement climatique : 250 000 victimes supplémentaires entre 2030 et 2050


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Changement climatique : 250 000 victimes supplémentaires entre 2030 et 2050

Le changement climatique pourrait causer la mort de 250 000 personnes supplémentaires chaque année entre 2030 et 2050. C’est la conclusion d’un rapport publié ce mois-ci par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ce n’est la seule voix à s‘élever pour souligner les dangers sanitaires pour l’Homme du réchauffement climatique. Plus récemment, à l’occasion du sommet de l’ONU sur le changement climatique qui s’est tenu le 23 septembre dernier, la communauté de la santé cherche à mobiliser pour pointer le lien entre changement climatique et santé.

Le très sérieux journal médical The Lancet a publié le 20 septembre dernier, trois jours avant le sommet de l’ONU sur le changement climatique, un édito sur le sujet sous le thème : « Changement climatique et santé – des actes s’il vous plaît, pas des paroles ».

En Nouvelle-Zélande un « appel à agir sur la question du changement climatique et de la santé » a été publié la semaine dernière dans le New-Zealand Medical Journal par dix organisations du domaine de la santé. Le Dr Rhys Jones de OraTaiao, une ONG néo-zélandaise sur le climat et la santé a déclaré : « il devient évident pour un nombre grandissant de personnes et d’organisations que le changement climatique n’est pas seulement un problème environnemental mais, de manière très littérale, un problème de vie et de mort. »

« le changement climatique n’est pas seulement un problème environnemental mais, de manière très littérale, un problème de vie et de mort. »
Dr Rhys Jones, de l’ONG néo-zélandaise OraTaiao

Ces actions font suite à plusieurs actions initiées par l’OMS sur ce même thème. En amont du premier sommet sur le changement climatique et la santé qui s’est tenu fin août à Genève, l’organisation internationale avait organisé en mai une réunion préparatoire avec de nombreux ministres de la santé venu du monde entier et des experts en changement climatique.

Puis en juillet, l’OMS a ouvert un bureau conjoint avec l’Organisation météorologique mondiale, l’organisme de l’ONU dédié au climat, très en pointe sur les questions climatique et notamment sur les bilans carbones. Le but de ce nouveau bureau est de coordonner les actions des deux organisations sur les questions de santé publique liées au climat.

Des risques nombreux, variés et liés entre eux

Les sources de risques pour la santé induits par le changement climatique sont nombreux.

L’accentuation des phénomènes naturels tels que ouragans, inondations, vagues de chaleur et montée des eaux sont une première source de problèmes. Directs, avec des risques de blessures, noyades mais aussi la destruction ou le dérangement des services de santé. Et indirect avec des répercussions sur les sources d’eau potable et les installations sanitaires. Infectées, détruites, ces deux dernières représentent une menace virale, notamment avec le développement de maladies intestinales.

Les vagues de chaleur peuvent représenter un danger immédiat pour les personnes à risque, comme nous l’a tragiquement montré la canicule de 2003 en Europe à laquelle on peut attribuer 70 000 cas de surmortalité selon un rapport du GIEC. L’OMS prévoit 38 000 décès supplémentaires de personnes âgées en raison des vagues de chaleur entre 2030 et 2050.

Mais une chaleur excessive peut aussi induire des épidémies de malaria, de paludisme ou encore de dingue avec la multiplication des moustiques. Avec le réchauffement climatique, les maladies transmises par les animaux risquent de se multiplier. Selon l’OMS 48 000 personnes pourraient décéder de diarrhée et 60 000 de malaria entre 2030 et 2050 en raison des changements climatiques.

Enfin, ces phénomènes climatiques peuvent aussi avoir des répercussions sur les récoltes et donc induire famine, malnutrition et manque d’eau. Dans son rapport, l’OMS envisage 95 000 décès d’enfants mal nourris entre 2030 et 2050 directement liés au changement climatique.

Autre source majeure de problèmes de santé public : la mauvaise qualité de l’air. Sont mis en cause les particules fines, la concentration en ozone, la multiplication des allergènes… Tous peuvent entraîner de graves maladies respiratoires.

Enfin, tous ces risques peuvent se combiner et multiplier leurs effets délétères. Une vague de chaleur ou une qualité particulièrement mauvaise peut par exemple, empêcher les habitants de travailler dans des champs particulièrement affectés, accentuant les problèmes de mauvaises récoltes. La malnutrition peut rendre les populations plus sensibles et donc plus vulnérables à une pollution de l’air ou à des maladies transmises par des animaux.

Du propre aveu de l’OMS, il est toutefois encore difficile de chiffrer ces risques les modèles actuels n’étant pas adapter pour mesurer l’impact sur la santé publique de ces risques. En préambule de son rapport, l’OMS explique notamment avoir exclu les phénomènes climatiques extrêmes car « ils sont mal décrits par les données géographiques et temporelles disponibles sur le climat ».

Elle précise aussi que les modèles utilisés pour ce rapport évaluent mal les autres conséquences induites par notamment la migration et les conflits induits par le changement climatique. Enfin, l’OMS spécifie que travailler sur la mortalité n’est pas un indicateur assez complet et annonce que ses prochains travaux tenteront de prendre en compte d’autres mesures comme, par exemple, la santé globale des populations.

Un aveu inquiétant lorsque l’on se rend compte que cette question est évoquée depuis très longtemps. En témoignent, pour ne prendre que deux exemples, ce long rapport publié pour le sénat français en 2002 ou cette décision des services publiques de santé britanniques de prendre le problème en compte, décision prise en 2008.

Le professeur Alan Maryon-Davis, président de la faculté de santé publique du Royaume-Uni déclarait alors déjà « le changement climatique est non seulement LE problème le plus important de santé publique du XXIè siècle mais il aussi lié à de nombreux autres problèmes tels que les inégalités en terme de santé, l’organisation des urgences sanitaires, les maladies contagieuses ou l’obésité. »

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