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S'allier avec des alliés improbables pour combattre l'EI


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S'allier avec des alliés improbables pour combattre l'EI

Alors que les frappes aériennes des Etats-Unis et de leurs alliés se poursuivent en Irak et en Syrie, des alliés jusque-là improbables se sont joints à la lutte menée par une large coalition contre le groupe État islamique.
“La Syrie est aux côtés de ceux qui combattent l‘État islamique”, a ainsi déclaré lundi le ministre syrien des Affaires étrangères. Devant l’Assemblée générale de l’ONU, la Syrie a donc semblé donner son accord tacite aux frappes aériennes américaines et arabes contre l’autoproclamé État islamique en Syrie.

Pour de nombreux experts militaires, comme pour Fabrice Balanche, un spécialiste de la Syrie que nous avons rencontré, une alliance sur le terrain entre la coalition anti-groupe État islamique et le régime de Damas n’est qu’une question de temps.

“On doit bien se rendre compte aujourd’hui, qu’Assad est bien installé, que son armée est solide, que ses alliés Iran et Russie ne le lâcheront pas comme on nous l’avait dit au début, donc finalement, c’est le seul pilier sur lequel on peut s’appuyer pour éradiquer Daesh (le groupe Etat islamique, en langue arabe, ndlr). Donc on va se résoudre à maintenir le régime d’Assad, pas forcément à renouer diplomatiquement avec lui, mais en tout cas à ne plus essayer de le faire tomber”, analyse Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherches et d‘études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo) et maître de conférences à l’université Lyon-2.

Autre point, les frappes en Irak et en Syrie coûtent cher. Difficile donc de les envisager sur le long terme. Et puisque les Américains, les Français et les Britanniques veulent éviter d’envoyer des troupes au sol, la coalition va devoir traiter avec des entités qui n’ont pas toujours été des alliés.

“Les seuls alliés fiables qu’on pourrait avoir sur le terrain sont d’abord les kurdes syriens, qui eux aussi ont fort à faire contre Daesh. Seulement ces kurdes syriens appartiennent au PKK, qui est sur la liste des organisations terroristes aux Etats-Unis. Et puis il y a l’armée syrienne de Bashar al-Assad, qu’on considère comme illégitime. Donc à un moment donné, il va bien falloir discuter avec ces deux ennemis si on veut vraiment éradiquer Daesh de Syrie, parce que ce ne sont pas les soi-disant ‘rebelles modérés’ qui pourront y parvenir”, explique Fabrice Balanche.

Outre combattre le groupe État islamique, la coalition internationale va devoir aussi affronter un autre ennemi, la pauvreté qui, à l’heure actuelle, est plutôt l’alliée des djihadistes dans leur quête de territoires.

“Ca apporte un cadre protecteur pour les populations civiles, qui, si elles ne boivent pas, si elles ne fument pas, si elles respectent la charia, vivent en sécurité avec l’Etat Islamique, et lorsque les Etats-Unis disent ‘ça va prendre du temps d‘éradiquer l’EI’, oui, tout à fait, parce qu’on va apporter une réponse militaire rapide, et il le faut, mais ensuite il va falloir apporter une “désalafisation” des esprits, et puis apporter de la justice, de la sécurité, du développement économique dans ces régions, qui sont en état de sous-développement chronique”, termine Fabrice Balanche.

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