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La Suède, terre de refuge pour les chrétiens d'Orient


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La Suède, terre de refuge pour les chrétiens d'Orient

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Menacées par l’avancée du groupe État Islamique, des populations persécutées d’Irak et de Syrie tentent de trouver un refuge : actuellement, des millions de personnes s’entassent dans des camps de cette région du monde. D’autres tentent de rejoindre l’Europe. Parmi eux, des chrétiens d'Orient qui prennent la direction de la Suède et en particulier de la ville de Södertälje, sanctuaire de communautés chrétiennes depuis les années 60. Leurs membres y représentent près du tiers de la population.

Dans un quartier modeste, le “centre Ronna” leur sert de lieu de culte et de réunion. Ce jour-là, une cérémonie de bienvenue est organisée à Saint-Gabriel, l’une des six églises assyriennes de la ville, pour de nouveaux arrivants : Robert Kouki et ses proches ont fui Al-Hasakah dans le nord de la Syrie. Il nous décrit en suédois, ce système généralisé de racket qui terrorise les minorités notamment chrétiennes en Irak et en Syrie. “Je connais deux chrétiens : un jeune homme et son père qui ont été pris en otage et assassinés,” affirme-il, “donc j’ai commencé à avoir vraiment peur, pour moi, mais aussi pour mes enfants.”

Comme les autres Syriens autorisés à séjourner en Suède pour des raisons de protection, Robert Kouki et sa famille vont se voir accorder un permis de séjour permanent. Pour les réfugiés chrétiens d’Irak, la situation est parfois plus compliquée : beaucoup n’ont pas de papiers. C’est le cas d’un vieil homme que nous rencontrons au centre Ronna : il nous raconte avoir vécu la même horreur : “au début, on payait ceux qui nous rackettaient,” dit-il, “mais à un moment donné quand ils sont revenus, je ne pouvais plus payer ; alors, ils nous ont kidnappés, ma fille et moi. Mais j’ai eu de la chance,” poursuit-il, “celui qui conduisait la voiture est rentré dans une autre, j’ai pu ouvrir ma portière et m’enfuir.”

Depuis le début de l’année, le nombre de Syriens arrivant en Suède est en hausse de 140 %. La progression est de 80 % pour les Irakiens. La présence de ces populations ne plaît pas à tout le monde : lors des législatives de mi-septembre, le parti anti-immigration a progressé à Södertälje et ces dernières années, deux incendies probablement criminels ont visé des lieux communautaires.

Le président de la Fédération des Assyriens de Suède, Afram Yakoub a son idée pour réduire l’afflux de réfugiés : “tous les jours, je suis informé du départ d’Irak de dix à vingt familles assyriennes ; actuellement, ils sont en train de réussir à nous éradiquer de la région,” insiste-t-il avant de préciser : “ce qu’on demande prioritairement aux responsables politiques et aux gouvernements, c’est d’aider les Assyriens à rester au Moyen-Orient.”

Ceux qui sont sur le territoire suédois se confrontent au défi de l’intégration : “il faut qu’ils apprennent à faire partie de la nouvelle société dans laquelle ils vivent,” estime Lena Boström, une enseignante de suédois auprès de jeunes réfugiés. “On se déplace beaucoup pour qu’ils découvrent Stockholm ou pour qu’ils apprennent à se débrouiller dans la vie courante,” souligne-t-elle, “beaucoup risquent de rester enfermés dans leur petit monde : c’est important qu’ils fassent partie de la société.”

L’agence pour l’emploi et les universités de Suède ont lancé un programme d’accompagnement pour aider les diplômés étrangers à reprendre aussi vite que possible une activité professionnelle. Robert Kouki en bénéficie, il compte s’en servir pour créer son entreprise comme il l’avait fait dans son pays. Sa conseillère de l’Université de Stockhlom, Horea Arizcurinaga lui fait d’ailleurs remarquer : “vous devez avoir conscience des qualifications que vous pouvez avoir, vous et les autres réfugiés ! Les entreprises de ce pays seront heureuses de profiter de vos connaissances,” lance-t-elle.

Aucun autre pays européen n’accueille autant de réfugiés que la Suède proportionnellement à sa population. Un positionnement généreux qui a un coût financier et politique : l’extrême-droite a fait une poussée historique lors des dernières législatives.

BONUS 1 : Boel Godner

La ville suédoise de Södertälje accueille davantage de réfugiés venant de Syrie et d’Irak que n’importe quelle autre municipalité dans le pays et en Europe. Nous avons interrogé son maire social-démocrate, Boel Godner. Pour accéder à son interview en anglais, vous pouvez utiliser ce lien.

BONUS 2 : Afram Yakoub

Pour écouter l’interview intégrale en anglais du président de la Fédération des Assyriens de Suède, Afram Yakoub, veuillez cliquer sur ce lien. Euronews l’a rencontré à Södertälje au sud de Stockholm.

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