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Le conseil du FMI : agir sur les bons leviers pour retrouver croissance et emplois


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Le conseil du FMI : agir sur les bons leviers pour retrouver croissance et emplois

L’absence de croissance économique dans la zone euro a une nouvelle fois été un des principaux dossiers abordés par la réunion d’automne du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington.
Christine Lagarde qui a déjà prévenu la zone euro d’une possible et nouvelle récession, a cette fois-ci insisté sur le fléau mondial que représente le chômage.

“L‘économie mondiale attend depuis très longtemps de pouvoir sortir du fossé dans lequel l’a jeté la Grande Recessiona expliqué la directrice générale du FMI. Nous sommes embourbés dans une douloureuse crise de l’emploi avec 200 millions de personnes qui ne travaillent pas et qui cherchent un emploi dans le monde. Vous savez, a-t-elle ajouté que si les demandeurs d’emplois devaient former un pays, ce serait le cinquième pays au monde”.

Le Président de la Banque mondiale a de son côté fait ressortir la plateforme créée avec des acteurs du monde financier pour financer le développement des infrastructures dans les pays émergents.

“Cette plateforme appelée GIF pour Global Infrastructure facility va mettre en relation des investisseurs institutionnels, des banques de développement et des décideurs publics pour faire face au déficit d’infrastructures à l’aide de moyens nouveaux et créatifs, a constaté Jim Yong Kim, le Président de la Banque mondiale. Ensemble ils vont créer un solide tuyau de projets d’infrastructures pour les marchés émergents et les pays pauvres”.

Dans la litanie des interrogations qui ont tourné en boucle au cours de l’assemblée du FMI et de la Banque mondiale à Washington : les réformes du marché du travail qui se font attendre dans certains pays de la zone euro : la France et l’Italie notamment. Que idre de l’Espagne et la Grèce oú les réformes ont été faites mais oú le chômage évolue toujours autour des 25% de la population active.

DUPLEX

Stefan Grobe, Euronews

Nous sommes au siège du Fonds monétaire international à Washington et je suis heureux de la présence de David Lipton le premier vice-directeur général du FMI.
Monsieur Lipton, la reprise en Europe n’est pas absente mais elle reste assez faible. Les prévisions du FMI donnent une croissance 2015 en Europe qui sera presque pire, comme au Japon. Quelle est la raison de cette situation et quelle est-elle pays par pays ?

David Lipton N°2 du Fonds monétaire international

L’Europe a hérité d’une crise sévère et doit supporter maintenant l’héritage de la dette, la dette souveraine, la dette des ménages, celle des entreprises et le besoin de fortifier le secteur bancaire.
D’autres pays se sont sortis de crises plus longues. Les Etats Unis étaient en crise avant l’Europe et franchement ils l’ont assez bien traversée.
Le Japon s’impose des étapes pour sortir d’une crise qui date de plusieurs décennies et qui a tenu l‘économie dans une faible croissance et une faible inflation.
Durant les réunions que nous avons eues nous avons évoqué le risque que le monde ne tombe dans une situation médiocre qui concerne l’Europe au premier chef car nous pensons que l’Europe peut mieux faire. Nous avons peur que sans l’application des bonnes politiques la situation européenne devienne pire encore.

Euronews:
Le FMI et d’autres institutions affirment que les réformes structurelles sont la clé pour améliorer la productivité et la compétitivité. L’Europe n’a donc pas fait son travail sinon les chiffres seraient meilleurs. Donc quels sont les domaines oú l’Europe doit s’améliorer ?

David Lipton
D’abord il faut noter qu’un certain nombre de pays ont effectué d’importants efforts en termes de réformes structurelles. Il s’agit des pays qui ont été aidés financièrement par la Troïka : Commission européenne, BCE et FMI. Mais dans l’ensemble il y a encore beaucoup de possibilités pour créer de la croissance en Europe en faisant les changements structurels adequats.
ça inclut le marché du travail pour augmenter la participation à l’emploi, pour faciliter la mobilité des gens dans l‘économie, enfin les réformes du marché des biens et des services pour améliorer son fonctionnement.

Euronews
Un point important des discussions de l’Assemblée d’automne a concerné les infrastructures ou plutôt le manque d’investissement dans ce secteur. Ma question est la suivante : pourquoi les investissements publics sont-ils si importants et quels sont les obstacles qui les freinent ?

David Lipton
Ce que nous disons c’est que c’est la période la plus propice pour s’occuper de ce problème parce que les infrastructures que vous construisez vont avoir deux effets très importants.
Sur le long terme ça va augmenter la productivité et la croissance d’un pays en fournissant une infrastructure qui peut aider la population, aider les ménages et servir les besoins des entreprises.
Mais bien sûr, à court terme, la construction d’infrastructures c’est une demande supplémentaire. Donc c’est une politique qui augmente la demande et l’offre.

Euronews
On a vu ces dernières semaines, ces derniers mois apparaître un degré nouveau d’anxiété et d’insécurité dans le monde. Le FMI a identifié trois risques majeurs pour l‘économie mondiale : le virus Ebola, la situation au Moyen Orient et l’instabilité ukrainienne. Jusqu‘à quel point ces situations menacent-elles la reprise mondiale ?

David Lipton
C’est honteux qu’en tête des défis économiques auxquels les pays sont confrontés pour renforcer l‘économie mondiale, figurent maintenant les risques géopolitiques que nous connaissons. Jusqu‘à maintenant, aucun d’entre eux n’a suffisamment progressé au point d’avoir un impact majeur sur la croissance mondiale, ou sur la croissance en Europe. Mais chacun de ces évènements comporte un risque pour celles-ci; en particulier la crise en Russie et en Ukraine. Ses effets ont touché les économies russe et ukrainienne. Ils ont conduit à des sanctions qui vont aggraver les difficultés de la Russie. Et il est possible que si ces conflits ne sont pas résolus, leurs conséquences débouchent à la fois sur un manque de confiance à l’intérieur de l’espace économique européen et sur des craintes concernant la sécurité de l’offre énergétique de la Russie en direction de l’Europe.

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