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S'habiller comme son personnage de série préféré en un clic avec LookLive

S'habiller comme son personnage de série préféré en un clic devient possible avec LookLive et cela est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît !

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S'habiller comme son personnage de série préféré en un clic avec LookLive

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LookLive est une idée tellement simple et séduisante que l’on pourrait croire qu’elle a toujours existé. Et pourtant non, LookLive est le premier service du genre et le site vient d’être lancé en version beta sur invitation.

LookLive c’est quoi ?
LookLive est un site qui vous permet d’acheter presqu’en direct n’importe quel vêtement ou accessoire que vous voyez porté par un personnage de série ou une personne célèbre. Le site vous permet de choisir entre le vêtement original, une pièce similaire ou, pour les plus petits portefeuilles, une pièce ressemblante mais moins chère.

Le jour où nous publions cet article, le site est toujours en version beta. Si vous voulez faire partie des premières personnes à le tester, vous pouvez vous inscrire, avec simplement votre adresse email, afin d’obtenir un accès au site.

D’ici son lancement officiel, Christopher Archer, PDG et co-fondateur de LookLive nous a expliqué comment le site fonctionnera : si vous repérez un vêtement dans un épisode de série, rendez vous sur LookLive, cherchez l’épisode en question et retrouvez le vêtement en parcourant les scènes de l’épisode. Vous pouvez alors l’ajouter à votre ‘placard’ pour l’acheter plus tard ou l’acheter directement.

Vous pouvez aussi faire des recherches par marque, personnage ou acteur. Le site peut aussi vous suggérer des pièces susceptibles de vous plaire. Christopher Archer assure que leur système peut retrouver 85% des vêtements de chaque épisode.

LookLive

Pour le moment douze séries et émissions de télévision sont disponibles en version beta. A terme, LookLive a pour objectif de couvrir la majorité des séries et émissions populaires dans chacun des pays où le site sera accessible. Celui-ci sera lancé en premier aux Etats-Unis d’ici cinq à six semaines.

En l’état actuel des moyens de l’entreprise, LookLive publie un épisode 24h après sa diffusion. D’ici un mois environ, ce délai devrait être divisé par deux, l’objectif affiché étant de 3h d’ici un an : « si l’épisode est diffusé sur la côte Est alors nous l’aurons publié sur le site le temps qu’il soit diffusé sur la côte Ouest. »


(en anglais)

Christopher Archer, accompagné de Tim Craig, vice-président et responsable Marketing de la marque, nous en dit plus sur LookLive :

Comment cela se fait-il que vous soyez les premiers à exploiter une idée aussi simple ?

Christopher Archer :
C’est une idée dont j’ai beaucoup entendu parler, notamment dans le milieu du divertissement, durant toute ma carrière, depuis des années.
Des bloggers le font aussi depuis un moment en quelque sorte. Mais la technologie derrière est très basique et l’expérience utilisateur est généralement très pauvre, se limitant à quelques liens vers des sites de shopping en ligne. Ils ne sont pas exhaustifs.

LookLive

Une des raisons pour lesquelles ça n’a jamais été fait est que c’est à la fois très difficile à faire d’un point de vue technique et d’un point de vue opérationnel aussi.

Dans le milieu de la télévision, chaque profession représente un niveau différent et chaque niveau n’a à faire qu’avec le niveau supérieur ou inférieur : le costumier, l’équipe de production, les producteurs, les distributeurs puis les ‘networks’.

Les networks sont les plus à même de ramener l’argent mais le costumier est dans une position beaucoup plus opérationnelle et n’a pas le temps d’entrer la centaine de produits que nous ajoutons au site en moyenne à chaque épisode. C’est impossible.

La réalité du monde de la télé c’est qu’il bouge trop lentement. Nous sommes de la nouvelle génération : nous avançons à la vitesse d’internet. Le monde de la télé, lui, n’a pas encore appris à bouger aussi vite.

L’idée a donc toujours été là mais sa réalisation a toujours échoué. Les bonnes intentions ne suffisent pas. Et c’est notre plus grand atout : nous avons les moyens de vraiment le faire.

Quand avez-vous eu l’idée ?

Christopher Archer :
Il y a environ deux ans, en discutant avec Gerbert Kaandorp, mon meilleur ami et maintenant co-fondateur.
Nous avons tous les deux démissionné de nos travails respectifs et on s’est lancés. En fait, du point de vue du consommateur, LookLive a l’air très simple. Mais la technologie derrière est énorme. Sur nos 22 salariés, seulement un et demi travaille sur l’interface utilisateur ; tous les autres travaillent sur le back-office. Construire le système a pris beaucoup de temps.

Pour notre crédibilité en tant que marque, le site se devait d‘être exhaustif et facile d’utilisation. Nous devions être capables de relever le défi : si sur une moyenne de cent produits disponibles dans une émission, nous n’en proposions que cinq ou six, les gens ne reviendraient pas. Nous devions donc être sûrs de pouvoir proposer ces cent produits et d’être à la hauteur de nos promesses. Les déclarations d’intention ne suffisent pas.

C’est pour toutes ces raisons que nous avons pris le temps de construire notre système et c’est aussi pourquoi nous voulions être 100% indépendants. On ne voulait d’abord pas que des investisseurs en capital-risque nous mettent la pression pour une mise sur la marché trop rapide.Nous voulions être autosuffisants et pouvoir avancer à la vitesse que nous souhaitions. Nous sommes entièrement auto-financés. Nous tirons nos revenus d’un pourcentage sur chaque produit vendu parmi les 35 000 boutiques en ligne qui travaillent déjà avec nous. A terme, nous vendrons aussi un widget à nos clients. Pour ce MIPCOM, nous avions une offre pour ces premiers clients où nous partageons les revenus, mais le modèle économique sera différent pour tous ceux qui viendront après.

LookLive

A ce propos, le MIPCOM s’est-il bien passé pour vous ?

Christopher Archer :
Oui. Nous en avons été très surpris. Vous ruminez une idée pendant des années, vous travaillez dessus constamment mais vous ne pouvez pas être sûr qu’elle va plaire aux gens tant que vous ne la montrez pas au monde entier.

Mais les gens ont adoré.

Après mon intervention [dans un panel – NDLR], les gens ont littéralement fait la queue et m’ont dit ‘on veut ça pour notre chaîne maintenant tout de suite’. Nous allons beaucoup voyager dans les semaines qui viennent pour finaliser ces contrats car aucun n’a été formellement signé pour le moment.

Nous proposons un widget aux chaînes de télévision. C’est une simple ligne de code ; cela ne représente aucun développement technique pour elles. Tout est chez LookLive. Donc c’est très facile pour elles d’acheter cet outil. Mais nous n’avions pas anticipé qu’autant de gens seraient partants ni qu’ils voudraient démarrer tout de suite.

Combien de personnes travaillent à LookLive ?

Christopher Archer :
Pour le moment nous sommes 22. Mais il y a de nouveaux visages toutes les semaines. Pour mettre un épisode en ligne rapidement, nous avons besoin de plus de monde, donc nous recrutons.

La plupart de nos salariés ont des diplômes ou ont soutenu des thèses en intelligence artificielle (IA). Gerbert Kaandorp, mon co-fondateur, est sorti diplômé en IA de l’Université d’Amsterdam il y a 15 ans. Alors quand je l’ai convaincu de vendre ses parts de l’entreprise florissante qu’il avait créée, Business Partners Backbase, avec laquelle il développait et vendait des sites (front et back office) à des banques internationalement reconnues, il a appelé tous ses copains de fac et les a convaincus à leur tour de quitter leur boulot incroyable pour nous rejoindre à LookLive.

Comment fonctionne l’immense machine qui fait tourner LookLive ?

Christopher Archer:
C’est une question intéressante car notre truc c’est la technologie et le plus gros travail sur ce projet est la technologie du back-office qui rend cette idée possible. Notre ADN est celui d’une entreprise technologique. Et en tant que telle, nous nous positionnons fortement dans le secteur de la technologie mais aussi de l’intelligence artificielle. C’est vraiment notre équipe en IA qui mène la barque.

Alors comment ça marche ? La plupart des gens croient que le site fonctionne grâce à la reconnaissance d’image. Mais ça ne fonctionne pas. Un ordinateur n’est pas capable de reconnaître la limite entre, par exemple, des épaules et le décor.

Ce qui se passe dans la vraie vie c’est qu’en moyenne, dans nos placards, 80% des vêtements viennent de trois ou quatre marques différentes. C’est notre profil vestimentaire. Il peut évoluer avec le temps bien sûr. Eh bien, les personnages de fiction ne sont pas si différents de nous. En général, le costumier utilise quelques marques pour un personnage afin d’entretenir l’identité du personnage. Ces derniers portent aussi les mêmes vêtements plusieurs fois comme nous le faisons dans notre vie de tous les jours.

Nous le disons à l’ordinateur et à partir de là l’ordinateur peut faire des pronostics sur ce que le personnage pourrait être en train de porter.

Ensuite, un être humain dit ‘dans cette scène, le personnage porte un gilet gris foncé’. L’ordinateur parcourt la base de données des vêtements et marques possibles pour ce personnage et propose à l’opérateur humain une sélection de pièces parmi lesquelles ce dernier peut alors choisir celle que le personnage a effectivement sur lui.

Nous avons envoyé des robots ‘crawlers’ sur tous les sites de marques ; donc désormais tous les produits actuels ou passés de ces marques attendent sagement dans nos serveurs.

C’est la procédure. Mais comment cela fonctionne-t-il techniquement ?

Christopher Archer :
Notre site web fonctionne sur le principe du web sémantique en utilisant le langage Sparql développé par Tim Berners-Lee. C’est un langage magnifique basé sur Javascript qui nous permet de travailler avec une base de données orientée graphe. Il n’y a encore pas beaucoup d’entreprises qui ont les moyens d’utiliser cette technologie. Nous sommes parmi les premières à le faire. Mais cela va aller en grandissant. C’est inévitable.

“Notre ADN est celui d’une entreprise technologique”

La plupart des sites web actuellement utilisent les bases de données relationnelles et le langage SQL. Voici comment expliquer simplement la différence entre les deux : une base de données relationnelle fonctionne comme Excel fonctionne. Les données sont dans des cellules dans plusieurs tableaux. Pour relier les informations entre elles, vous devez faire cette relation vous-même en écrivant beaucoup de code.

Les bases de données orientées graphe fonctionnent un peu comme nos souvenirs d’enfants liés à la nourriture : cette mémoire fait émerger toutes sortes d’autres souvenirs en relation avec un plat etc. Donc au lieu de relier les cellules entre elles, vous reliez les informations à partir de définitions. Vous avez juste à poser une question pour relier des informations entre elles dans les bases de données orientées graphe.

LookLive

Nous avons aussi eu beaucoup de chance. Sparql était en version 0.9 pendant des années. Avec cette version il était très facile de lire une base de données orientée graphe mais il était encore très difficile d’y écrire. Puis Tim Berners-Lee a sorti la version 1.0 de Sparql en mars 2013. Cela a représenté une énorme évolution du langage qui nous a permis tout simplement de réaliser ce que nous avions en tête et de rendre LookLive possible.

Quelles sont les prochaines étapes pour LookLive ?

Christopher Archer :
Nos prochains développements se concentreront sur le fait d’ajouter plus de séries à notre catalogue. Techniquement nous pourrions couvrir toutes les séries et émissions mais nous n’avons pas assez de personnes pour suivre un tel rythme. Les coûts pour ajouter une série sont très bas donc c’est juste une histoire d’échelle. Mais techniquement nous pouvons les ajouter rapidement.

La rapidité est un autre but que nous nous fixons ainsi que je l’ai dit précédemment. Nous voulons pouvoir proposer un épisode 3h après sa diffusion d’ici l’année prochaine.

Mais le prochain gros développement sera de s’implanter à l’international. La plupart des contacts que nous avons eus au MIPCOM venaient d’Asie. Nous devrions nous lancer dans cinq à six semaines aux Etats-Unis parce qu’il faut bien commencer quelque part et cela nous donne un objectif à atteindre.

Notre système peut fonctionner n’importe où dans le monde, donc maintenant c’est juste une question de contrats et de contacts dans ces nouveaux pays.

LookLive