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Corée du Sud : Amnesty International dénonce l’exploitation des ouvriers agricoles migrants

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Corée du Sud : Amnesty International dénonce l’exploitation des ouvriers agricoles migrants

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Un nouveau rapport d’Amnesty International vient d’épingler les autorités sud-coréennes qui, selon l’organisation de défense des droits de l’homme, ont créé un système favorisant l’exploitation et le recours généralisé au travail forcé des ouvriers agricoles migrants.

Le document, au titre évocateur « Récolte amère », est le fruit des entretiens menés par l’ONG avec des dizaines d’ouvriers agricoles dans le pays et tente de montrer le vrai visage de la Loi sud-coréenne relative au permis de travail des travailleurs immigrés.

"Un système honteux qui fait le lit de la traite"

D’après Amnesty, ce système est totalement déséquilibré au bénéfice de l’employeur qui peut très facilement licencier ces travailleurs, souvent originaires du Cambodge, du Vietnam et du Népal.

Ces derniers sont donc à la merci d’employeurs, d’autant plus que très souvent ils ont dû contracter des dettes énormes pour pouvoir se rendre en Corée du Sud. Par ailleurs, tout immigrant qui souhaite prendre congé de son patron doit obtenir au préalable une autorisation. Dans ces conditions, rester avec un employeur abusif reste la seule issue pour de nombreux d’entre eux.

A travers les expériences citées dans le rapport, le projecteur est braqué sur les conditions inacceptables de travail des ouvriers agricoles en Corée du Sud. Temps de travail excessif, intimidations, violences, conditions d’hébergement sordides, absence de repos hebdomadaire, heures supplémentaires non payées font partie d’une longue liste d’abus qui s’apparentent à l’exploitation. Une litanie qui constitue le quotidien de ces personnes.

“L’exploitation des ouvriers agricoles migrants en Corée du Sud ternit la réputation du pays. Les autorités ont créé un système honteux qui fait le lit de la traite aux fins de l’exploitation et du travail forcé”, a déclaré Norma Kang Muico, spécialiste des droits des migrants dans la région Asie-Pacifique à Amnesty International.

Le ministère sud-coréen de l’Emploi a, de son côté, jugé le rapport exagéré en évoquant des modifications du système législatif qui, selon lui, faciliteraient les changements d’employeurs.

Un gouvernement complice qui laisse les abus impunis

Amnesty accuse toutefois le gouvernement de complicité avec les employeurs peu scrupuleux. Les recherches de l’organisation ont démontré de nombreux cas de plaintes dont les auteurs ont été vivement dissuadés de poursuivre leur démarche. L’un des exemples est celui d’un Cambodgien de 25 ans qui s‘était rendu au département de l’Emploi avec une vidéo de son employeur en train de le battre, prise au téléphone mobile. “On m’a dit que c‘était de ma faute parce que j’avais mal coupé les choux”, a-t-il dit. “On m’a dit de rentrer de toute urgence et de présenter mes excuses”.

Le rapport vient compléter les résultats de la mission dans le pays du rapporteur spécial de l’ONU chargé du racisme. Mutuma Ruteere a estimé début octobre que les travailleurs immigrés en Corée du Sud et les étrangères mariées à des Sud-Coréens étaient confrontés à de “graves problèmes” de discrimination raciale, d’exploitation et d’abus en tout genre.