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Législatives tunisiennes sur fond de morosité


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Législatives tunisiennes sur fond de morosité

Trois ans après la révolution qui a fait chuter le régime de Ben Ali, la scène politique tunisienne est un véritable patchwork. Au total, ce sont des dizaines de partis politiques qui participeront dimanche 26 octobre aux élections législatives.

Les islamistes d’Ennahdha et les sociaux-démocrates de Nidaa Tounes‏, sortent cependant favoris.
Mais les Tunisiens sont méfiants. Ils avaient fait confiance à Ennahdha en 2011 et ils ont été déçus. Ce sentiment pourrait se retrouver dans les urnes selon cet analyste politique.

“La plupart des Tunisiens espèrent que leur choix le jour du vote ira à ceux qui le méritent, contrairement au scénario de 2011. Je crois que c’est la raison pour laquelle il va y avoir un vote de protestation”, pense Khaled Abid.

Sur l’avenue Habib-Bourguiba, la principale artère de Tunis, les électeurs interrogés annoncent déjà la couleur. Chacun la sienne.

“J’espère que ces élections seront honnêtes comme les précédentes. Nous faisons confiance au Tunisien, car il est conscient et cultive. On espère que ces élections vont se dérouler dans la transparence et le respect”, dit un homme.

“J’ai pris ma décision et je sais pour qui je vais voter. J’attends des politiciens qu’ils améliorent la situation dans le pays, qu’ils traquent le terrorisme et que la Tunisie revienne telle qu’on l’aime. On espère que du bien pour la Tunisie”, ajoute une femme.

“Je voterai pour le parti Nidaa, en espérant qu’il aidera le pays, mais surtout les plus démunis. J’espère qu’il sera à la hauteur”, dit encore un Tunisien.

“Je voterai une nouvelle fois pour Ennahdha, car c’est un parti honnête. Il était au pouvoir et s’est retiré, à un moment donné, délibérément”, termine un autre.

Ces législatives marquent la fin d’une période transitoire marquée par l’assassinat de figures politiques et d’innombrables débats qui n’ont au bout du compte aboutit a rien, aussi par un ralentissement de la croissance économique.

“La seule brèche après les trois dernières années et surtout après la révolution, concerne l‘économie. Le coté social mais aussi politique et constitutionnel ont été sur le devant de la scène en Tunisie et le volet économique a parfois été oublié. Aujourd’hui, l‘économie nous rappelle à l’ordre”, explique Nidhal Ouerfelli, Porte parole du gouvernement tunisien.

Et l‘économie rappelle à l’ordre au quotidien. Les Tunisiens ont vu leur pouvoir d’achat baisser et le coût de la vie grimper. Ce constat, certains le dénoncent quand d’autres se résignent.

“Franchement, la vie est trop chère. Nous ne nous en sortons pas. Que ce soit à l‘épicerie ou dans les magasins, les prix sont exorbitants”, dit une femme.

“La plupart des Tunisiens expriment un mécontentement face au coût de la vie, mais nous n’avons pas d’autres choix. Nous devons être compréhensifs et optimistes, pas pessimistes”, tempère un homme.

Ces législatives seront suivies le 23 novembre prochain par l‘élection présidentielle. Pour ces deux scrutins, candidats et partis craignent un taux d’abstention élevé. L’abstention pourrait en effet être la réponse des Tunisiens à la cacophonie politique et porter un coup sérieux à la transition démocratique du pays.

Sami Fradi, euronews :

“Quatre ans après la révolution, les gens souffrent encore de la cherté de la vie. Ils sont fortement déçus par les politiciens et ils perdent patience face à des promesses qui tardent à venir”.

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