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Hongrie : Le pourquoi de la mobilisation contre la "taxe internet"


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Hongrie : Le pourquoi de la mobilisation contre la "taxe internet"

En Hongrie, des milliers de personnes ont manifesté ce mardi soir dans les rues de la capitale Budapest. Une mobilisation pour dénoncer la décision des autorités d’instaurer une taxe pour les téléchargements sur internet. Les manifestants y voient une atteinte à la liberté et pointent du doigt ce qu’ils considèrent comme une dérive autocratique du gouvernement dirigé par le conservateur Viktor Orban.

C’est la deuxième manifestation organisée après un premier rassemblement dimanche.

Initialement, dans le projet du gouvernement, il était question de taxer les téléchargements à hauteur de 50 centimes d’euros par gigaoctets. Face au tollé suscité par cette mesure, les autorités ont consenti à plafonner la taxe : maximum 2 euros par mois. Mais cela ne suffit apparemment pas. Les organisateurs ont appelé à de nouveaux rassemblements dans les prochains jours.

En fin de soirée, des manifestants se sont rassemblées devant le parlement. Ils ont réussi à faire flotter un drapeau européen, ce qui n’est plus le cas en temps normal suite à une décision du Premier ministre Orban.

Pour aller plus loin, Gabor Kovacs a interrogé depuis Lyon, la correspondante d’euronews à Budapest, Andrea Hajagos, qui a couvert les deux manifestations contre cette “taxe internet”, dimanche puis mardi.

Gabor Kovacs :
Qui sont les gens qui manifestent ? Et pourquoi s’attaquent-ils à cette mesure en particulier ? Y a-t-il autre chose derrière cette dénonciation de la taxe internet ?

Andrea Hajagos :
Ce qui est frappant, c’est que dans les deux manifestations, on a vu des gens d’origines très variées, et notamment des jeunes. D’ordinaire, c’est rare que les jeunes participent à des manifestations politiques. La plupart d’entre eux sont descendus dans les rues pour dénoncer cette taxe internet. Le gouvernement a promis de plafonner cette taxe à environ 2 euros par mois, et il a dit que ce serait à la charge des fournisseurs d’accès. Mais pour les manifestants, c’est le principe même d’une taxe d’internet qu’ils dénoncent. Ils estiment que c’est une atteinte à la liberté et donc à la démocratie.

Certaines personnes m’ont dit également que cela s’ajoutait au scandale diplomatique suite à la décision des Etats-Unis de geler les visas pour un certain nombre d’officiels hongrois accusés de corruption. Certaines sources affirment que le responsable de l’administration fiscale figure sur cette liste. C’est pour ça qu’on entend des manifestants qui crient “Pas question de payer des impôts à des pourris”.

Et puis il y en a qui rappellent que lorsque le gouvernement socialiste a voulu imposer une telle taxe en 2008, le Fidesz qui était alors dans l’opposition, avait dénoncé une telle taxe.
On peut donc dire que cette affaire de taxe internet a une portée symbolique importante.

Gabor Kovacs
Que va-t-il se passer maintenant ? Le gouvernement va-t-il faire marche arrière ou bien la contestation va-t-elle s’amplifier ?

Andrea Hajagos :
Ce matin, un membre du gouvernement a rappelé qu’il était hors de question de reculer, qu’il y aurait bien une taxe sur les téléchargements, et que cela devrait être adopté au parlement à la mi-novembre. De leur côté, les organisateurs disent qu’ils vont continuer leur mobilisation.

Un analyste politique m’a dit que le Premier ministre était dans une mauvaise passe. S’il avait retiré ce projet plus tôt, les gens auraient dit que c‘était une sage décision. Mais s’il fait marche arrière maintenant, ce serait perçu comme un signe de faiblesse. Viktor Orban n’est pas du genre à mollir. Mais là, il donne du grain à moudre à ses détracteurs.

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