DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Nouveau statu quo de la Réserve fédérale américaine


économie

Nouveau statu quo de la Réserve fédérale américaine

Comme prévu, la Banque centrale des Etats Unis, la Fed, a annoncé mercredi soir qu’elle mettait un terme à son soutien monétaire exceptionnel à l‘économie américaine tout ne laissant les taux d’intérêt inchangés, proches de zéro.
Dans son communiqué, le comité de politique monétaire de la Fed qui cite “les solides gains sur le marché de l’emploi“va cesser ses injections de liquidités. La banque centrale promet aussi de laisser ses taux d’intérêt proches de zéro pendant “une période de temps considérable” en ajoutant que si les progrès de l’inflation et de l’emploi sont plus rapides, une première hausse des taux “pourrait intervenir plus tôt qu’anticipé”.
Dans son communiqué, la Fed ne qualifie plus d’importante la sous utilisation des ressources du marché du travail. Celles-ci diminuent progressivement constate la Fed qui fait référence aux nombreux emplois à temps partiels notamment.
Dans la foulée de ce communiqué, l’euro est reparti à la baisse face au dollar à 1 dollar 2660.

Euronews : Sasha Vakulina
Nous retrouvons notre correspondant à Washington Stefan Grobe.

Stefan, depuis 2008, la Réserve fédérale a lancé trois programmes de rachats d’actifs financiers. Les deux premiers étaient surtout destinés à stabiliser le système financier et le dernier à accélérer la reprise éconoique.
Ce troisième programme a-t-il été efficace ?

Euronews Washington : Stefan Grobe
La Fed vous dira que oui ! Que le chômage est passé de plus de 8% à moins de 6%, que l‘économie s’est développée bien que modestement, que cela a nourri les embauches et aidé à abaisser les taux d’intérêt de long terme.

Mais les opposants du capitole et parmi les universitaires, même à l’intérieur de la Fed vous diront que ce troisième programme : le QE3, a seulement aggravé les inégalités aux Etats Unis, que les créations de postes sont des jobs peu payés et que le niveau des salaires stagne et que globalement la croissance de l‘économie est assez inégale.
En gros que la classe moyenne souffre toujours alors que seuls les actionnaires s’enrichissent.

Sasha Vakulina
Depuis près de six ans, la banque centrale a injecté de l’argent dans l‘économie américaine. Maintenant la Fed va arrêter son dernier programme de rachat. L‘économie est-elle assez forte pour fabriquer elle-même de la croissance en se passant de ce stimulus ?

Stefan Grobe
C’est la question à un million de dollars n’est-ce pas ?
Rappelons-nous que le QE3, le troisième programme de rachats, a gonflé le bilan de la Fed à des niveaux jamais atteints. La monnaie que la Fed a créée pour acheter ces bons du Trésor – plus de 3.000 milliards de dollars – pourait nourrir un excédent d’inflation quand la croissance repartira enfin. Et ça pourrait créer des bulles dans certains secteurs et causer des déséquilibres financiers, voir potentiellement d’autres crises. Il y a toujours le risque du retour de bâton qui pourraient déclencher beaucoup de choses.

Sasha Vakulina
Toutes les décisions de la Fed sont étudiées avec attention en dehors des Etats Unis. Mais celle-ci revêt une importance particulière. Comment va-t-elle influencer l’Europe et les marchés émergents ?

Stefan Grobe
Si l‘économie américaine repart, ça va donner un coup de fouet à l’Europe et aux émergents, mais il y a d’autres éléments importants également : que va faire le dollar ? Et les cours du pétrole et finalement comment les choses vont-elles évoluer dans la zone euro ?

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

économie

Plus de 80 pays s'engagent à Berlin contre l'évasion fiscale