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"L'Iran ne peut pas faire confiance à la coalition" qui lutte contre le groupe Etat islamique


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"L'Iran ne peut pas faire confiance à la coalition" qui lutte contre le groupe Etat islamique

L’ennemi de mon ennemi est mon ami. Et en ce qui concerne la lutte contre le groupe État islamique, l’Iran et les Etats-Unis se trouvent du même côté de la barrière. Si elles restent fragiles, les relations entre les deux pays ont évolué positivement depuis l’arrivée d’Hassan Rohani à la tête de la république islamique. Ce réchauffement fait grincer des dents côté israélien.

Éradiquer l’organisation État islamique, passe aussi, pour l’Iran, par apporter une aide régionale à son voisin irakien.Ce soutien, indispensable pour l’Irak, a été en grande partie redéfini lors d’une récente rencontre à Téhéran entre le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi et le président iranien Hassan Rohani.

L’Irak et l’Iran, pays tous deux majoritairement chiites, ont noué des relations privilégiées depuis le renversement de Saddam Hussein par la coalition internationale menée par les Etats-Unis en 2003.

L’Irak a d’ailleurs regretté l’absence de son voisin à la conférence sur la sécurité en Irak organisée à Paris en septembre. Téhéran n’avait en effet pas été convié. Peut-être, car l’Iran juge illégitime une coalition internationale dont l’objectif réel, reste, selon lui, de renverser le régime syrien.

Entretien avec Alaeddin Boroujerdi, président de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du parlement iranien

Omid Lahabi, Euronews :

Monsieur Alaeddin Boroujerdi, parlons tout d’abord du groupe Etat islamique, ennemi commun de l’Iran et des Etats-Unis. Une coopération entre ces deux pays pour réprimer cette organisation est-elle envisageable ?

Alaeddin Boroujerdi :
“Malheureusement, les Etats-Unis et leurs partenaires européens et régionaux ont joué un rôle dans la création de ce groupe terroriste. Nous, nous avons commencé à lutter dès les premiers jours. Les Américains, qui observaient cette situation catastrophique, n’ont réagit qu’après l’assassinat de deux de leurs journalistes par les jihadistes. Ils ont décidé d’entrer de la bataille sous la pression de l’opinion publique américaine. Donc nous ne pouvons pas faire confiance à la coalition, car il y a des pays qui ont, eux-mêmes, créé ce groupe et qui en même temps veulent l‘éliminer. Compte tenu de cette contradiction et de ce manque de confiance, nous avançons seuls de notre côté et les Américains du leur dans le cadre de la coalition”.

euronews :
Parlons de la relation irano-américaine. Trente-cinq ans après la révolution iranienne, la compagnie Boeing a vendu des pièces détachées à l’Iran. Est-ce le signe d’un assouplissement des sanctions ou d’une évolution des relations entre l’Iran et les Etats-Unis ?

Alaeddin Boroujerdi :
“L’accord de Genève et notamment les négociations avec les Etats-Unis, ont eu un effet sur l’atmosphère politique entre l’Iran et les USA mais également sur les relations entre l’Iran et l’Occident en général et sur la région. Malheureusement, certains pays de la région et d’autres en Europe, mettent la pression sur les Etats-Unis. Ils ne veulent pas qu’un accord final soit conclu et que les sanctions soient levées. Donc, la raison de notre transaction avec Boeing et la vente de pièces est le résultat de négociations. Nous verrons ce qui va se passer le 24 novembre, la date butoir pour parvenir à un accord sur le nucléaire iranien”.

euronews :
L’Europe entretient des relations musclées avec la Russie en raison de la crise ukrainienne. Actuellement, les Européens sont préoccupés par leur approvisionnement énergétique. L’Iran pourrait-il remplacer la Russie et fournir du gaz à l’Europe ?

Alaeddin Boroujerdi :
“Le débat sur l’approvisionnement en gaz de l’Europe par l’Iran est un vieux débat. Jusqu‘à présent, les Américains s’y sont opposé. Vous le savez, les discussions sur la prolongation jusqu‘à l’Europe du gazoduc qui relie l’Iran à la Turquie étaient très sérieuses, mais encore une fois, les Américains ont mis la pression pour que cela ne se fasse pas. Maintenant, je pense que les lignes directrices de la politique Américaine sont toujours les mêmes”.

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