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Burkina Faso : l'armée organise son pouvoir

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Burkina Faso : l'armée organise son pouvoir

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Quarante-huit heures après la démission forcée du président du Burkina Faso, Blaise Campaoré, l’armée installe peu à peu son pouvoir. Dimanche
après-midi, dans la capitale Ouagadougou, elle a pris le contrôle de la radio-télévision nationale et de la place de la Nation. Là même où les manifestants
s‘étaient rassemblés pendant plusieurs jours pour réclamer et obtenir le départ de leur président. Là même où, dimanche matin, ils s‘étaient retrouvés, mais cette fois en petit nombre, pour dénoncer la confiscation de leur combat et de leur victoire par les militaires.

“L’armée doit quitter immédiatement la scène publique, explique ce manifestant. Son rôle est d’assurer la sécurité du territoire national.” “Les plus grandes démocraties du monde sont gouvernées par des civils, pas par des militaires, poursuit cet autre manifestant. Les Occidentaux veulent installer l’armée au pouvoir pour nous gouverner. Mais le peuple burkinabé a maintenant les yeux ouverts.”

La mission de médiation internationale, composée des Nations unies, de l’Union africaine et de la Cédéao, a demandé à l’armée de laisser la place à une “transition conduite par un civil, conformément à l’ordre constitutionnel”. Et menacé, en cas contraire, de sanctions.

Ce week-end, des habitants de la capitale ont “visité” la maison entièrement ravagée du frère de l’ancien président, François Compaoré, qui s’est réfugié au Bénin, avant de rejoindre la France. L’ancien chef de l’Etat, Blaise Compaoré, a, lui, obtenu l’asile en Côte d’Ivoire.