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L'économie de l'Égypte à un tournant


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L'économie de l'Égypte à un tournant

Comme pour les pharaons, une malédiction se serait-elle abattue sur l‘Égypte ces trois dernières années ? Il traverse en tout cas, une période d’instabilité politique et de graves difficultés économiques.
Le pays envisage de lever l‘équivalent d’1,2 milliard d’euros sur les marchés obligataires internationaux. Le Koweït pourrait aussi lui fournir une aide financière alors qu’il vient de signer un projet d’accord de coopération avec le Caire. Selon le ministre égyptien des Finances, son gouvernement est ouvert à différentes sources de financements en fonction de ses besoins, qu’ils proviennent d’investisseurs étrangers ou même d’un prêt du Fonds monétaire international.
Par ailleurs, des réformes controversées ont été menées dans le pays, notamment une baisse des subventions en faveur de l‘énergie et des hausses d’impôts et de taxes dans le but de juguler l’important déficit de l‘État.
De plus, une piste est envisagée pour stimuler l‘économie – en l’occurrence, une voie d’eau – : la construction d’un deuxième canal de Suez qui permettra de faire passer de plus gros navires et de réduire les délais d’attente. Des contrats ont été accordés à six entreprises étrangères. Les autorités égyptiennes ambitionnent d’achever les travaux en août prochain.
En attendant, l’agence Moody’s a relevé la perspective d‘évolution de la note de l‘Égypte, de “négative” à “stable”
saluant entre autres, une certaine stabilisation politique. Illustration de cette confiance nouvelle parmi les investisseurs : la Bourse du Caire a progressé de 12 % au cours des trois derniers mois.

Pour avoir un éclairage sur ce sujet, nous avons interrogé Nour Eldeen Al-Hammoury qui s’occupe de stratégie des marchés chez ADS Securities à Abu Dhabi.

Daleen Hassan, euronews :
“Le marché des actions égyptiennes s’est bien comporté récemment. Qu’en sera-t-il à long terme ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury d’ADS Securities :
“Les résultats à long terme reposent principalement sur les perspectives économiques du pays. Récemment, on a entendu des inquiétudes sur la situation de l‘économie après l’entrée en fonctions du nouveau président ; on a constaté certaines évolutions. Mais on a aussi vu que des projets étaient envisagés comme le canal de Suez.
L’indice égyptien EGX 30 s’est repris de manière significative la semaine dernière en passant de 8 500 à 9 400 points. Tout le monde pourra se rendre compte qu’un niveau proche du record est atteint.
Donc on pense qu‘à long terme, le pays continuera d‘être attractif puisque de plus en plus de projets y voient le jour et que son secteur bancaire reste solide et intéressant sur les marchés financiers.”

Daleen Hassan :
“Lever des fonds sur les marchés obligataires, financer le projet du canal de Suez… Ce sont des engagements exigeants pour un pays dont l‘économie est faible et dont le déficit budgétaire représente 10 % du PIB : l‘Égypte peut-elle relever ces défis ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“Les défis étaient là au début de la révolution. Pour autant, la situation s’est bien améliorée dans le pays, en particulier depuis les nombreuses mesures d’austérité du gouvernement. Malgré le fait que le projet du canal est immense, les Égyptiens ont largement répondu à la demande de souscription.
Amélioration aussi malgré la situation actuelle de l’emprunt : l‘Égypte emprunte depuis longtemps – ce n’est pas un grand motif d’inquiétude -. Il ne faut pas oublier que les pays du Golfe injectent beaucoup de liquidités en Égypte et dans les projets qui y sont menés. Donc il ne faut pas s’inquiéter à long terme du niveau d’endettement et de la note de l‘Égypte.
Il y a quelques semaines, des agences de notation ont relevé de “négative” à “stable” la perspective de la note du pays. C’est une autre raison pour laquelle les investisseurs sont incités à retrouver la confiance.
Donc on ne pense pas qu‘à long terme, l‘Égypte sera frappée si durement même si les choses vont se faire progressivement et si il y a un ralentissement, il restera limité.”

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