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Le scandale de manipulation du marché des changes profitera-t-il au Moyen-Orient ?

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Le scandale de manipulation du marché des changes profitera-t-il au Moyen-Orient ?

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Daleen Hassan, euronews :
“Bienvenue dans Business Middle East. Cette semaine on s’intéresse au dernier scandale bancaire en date, autour de la manipulation du marché des changes. Plusieurs grandes banques européennes et américaines se sont vues infliger une amende par les régulateurs financiers.
Mais ces sanctions ne mettent pas un point final à l’affaire puisque les enquêtes criminelles sur d’autres banques se poursuivent.

Reste qu’une industrie rongée par les scandales, des régulateurs inefficaces et des règles permissives sont autant de facteurs qui ont contribué à faire chuter la confiance dans la confiance envers les banques.
Certains acteurs de la finance affirment même vouloir repenser leur stratégie d’investissement.”

Dans le cadre d’un accord négocié, six des plus grandes banques de la planète ont accepté une amende de près de trois milliards et demi d’euros au total parce que certains de leurs employés manipulaient le marché des changes. Il s’agit de Citigoup, JP Morgan et Bank of America aux États-Unis, Royal Bank of Scotland et HSBC basées au Royaume-Uni et UBS en Suisse.

Barclays négocie actuellement un accord similaire. Après une enquête de plus d’un an, les régulateurs financiers américain, britannique et suisse ont établi que des traders échangeaient des informations confidentielles sur les ordres de leurs clients, puis organisaient les passages d’ordres de manière à augmenter leurs propres profits.

Des manœuvres qui s’appuyaient sur les deux principaux indices de référence établissant les moyennes des cours des devises. Cours sur lesquels se basent les banques et autres entreprises financières pour s’acheter et se vendre des devises. Suite à cette enquête, plus de trente personnes ont été suspendues ou licenciées. Certaines d’entre elles font l’objet de poursuites judiciaires.

Outre la perte de confiance du public, le secteur bancaire doit également faire face à la méfiance des investisseurs. Certains d’entre eux ont clairement affiché leur intention de s‘éloigner du secteur bancaire occidental. Cela pourrait profiter aux places financières du Golfe, où les règles et les sanctions sont plus sévères.

Daleen Hassan, euronews :
“Pour approfondir le sujet, nous rejoignons Nour Eldeen Al-hammoury, responsable de la Stratégie Marchés chez ADS Securities, à Abu Dhabi. Nous voilà donc face à un nouveau scandale bancaire. À quel point pensez-vous que ce genre d’affaire nuit au secteur ?

Nour Eldeen al-hammoury, responsable de la Stratégie Marchés chez ADS Securities :
“Et bien ce n’est ni le premier, ni le dernier scandale. En revanche, cette année a été la plus coûteuse pour les banques à cause des amendes infligées par les régulateurs. Bien sûr que cela nuit encore plus à la confiance dans le secteur bancaire, en particulier parce que ces banques se forgent une mauvaise réputation avec ces manipulations. Mais les régulateurs doivent prendre des mesures très fortes pour stopper cela.”

euronews :
“On dirait que les régulateurs mettent beaucoup de temps avant de découvrir ces problèmes. On est en droit de se demander si les banques sont surveillées efficacement.”

Nour Eldeen al-hammoury :
“Elles sont surveillées. Mais on ne peut pas tout surveiller. Avec le dernier scandale, les régulateurs ont mis longtemps à identifier le problème après avoir passé au crible beaucoup d’e-mails et de discussions en ligne. Les régulateurs ne peuvent pas surveiller tout le monde en même temps. Mais je pense qu’ils devraient prendre des mesures fortes contre n’importe quelle manipulation.”

euronews :
“Quelles influlence ces scandales ont-ils sur le Moyen-Orient, à la fois en termes de comportement des traders et de régulation bancaire ?”

Nour Eldeen al-hammoury :
“Cela pourrait constituer une autre bonne nouvelle pour le Moyen-Orient et la région où les institutions financières et les banques sont surveillées par les banques centrales. Ici, nous n’entendons jamais parler de scandale ou de manipulation de la part des banques de la région. Alors bien sûr, cela renforce la confiance envers le secteur bancaire de la région qui pourrait devenir plus attractif pour les investisseurs étrangers et les traders intéressés par les institutions financières et les banques du Moyen-Orient, en tout cas tant que les banques centrales continuent de bien les surveiller.”