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"Un troisième Maïdan est possible"


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"Un troisième Maïdan est possible"

Dix ans après la Révolution orange et un an tout juste après celle de Maïdan, force est de constater que les révolutions ukrainiennes ont eu de larges répercussions. Il y a d’abord eu l’annexion de la Crimée par la Russie puis un conflit qui a fait plus de 4 000 morts dans l’est du pays, et qui dure toujours.

L‘élection ensuite d’un nouveau président et gouvernement de coalition. De nombreux changements donc, et encore beaucoup de mécontentements. Un mal-être des Ukrainiens qui selon un activiste, spécialiste des médias, que nous avons rencontré, grandit de jour en jour faisant planer le spectre d’un nouveau soulèvement populaire.

“Un troisième Maïdan est possible et je pense que c’est une hypothèse que la population et le gouvernement doivent avoir à l’esprit. Je souhaite que les politiciens se rendent compte que les gens ne sont pas satisfaits. Le mécontentement peut enfler et le prochain Maïdan risque de ne pas être d’emblée pacifique, car il y a beaucoup d’armes dehors. J’espère qu’ils verront comme une sorte de garantie, de prudence, de mettre enfin en place des réformes et que les changements commencent dans ce pays”, explique Taras Shevchenko.

Maïdan, la place de l’Indépendance, au cœur de Kiev. C’est là que se sont déroulés la Révolution orange de 2004 et les événements de l’hiver dernier. Maïdan a été le théâtre de violents affrontements il y a un an. Des heurts entre protestataires et forces de l’ordre ont fait plus de 80 morts.

Certains de ceux qui militaient à Maïdan sont depuis entrés en politique. Pour eux, le combat n’est pas terminé. Parmi eux, le journaliste Mustafa Nayyem, aujourd’hui député de la Rada.

“Je ne dirais pas que Maïdan est l’accomplissement de quelque chose et que c’est terminé. Tout ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine est plutôt le de la guerre que de Maïdan. Les gens doivent continuer à appuyer le gouvernement et se tenir informés de ce qui se passe. Mais aussi garder à l’esprit que nous avons maintenant des représentants de Maïdan dans le nouveau parlement et que c’est une façon de faire pression sur n’importe quel type d’initiatives lancées toutes ces dernières années”, dit-il.

Les Ukrainiens veulent du changement. Et c’est déjà ce qu’ils demandaient en 2004 lors de la Révolution orange. Ioulia Tymoshenko, figure de cette révolution, avoue que les politiciens arrivés au pouvoir après la Révolution orange n’ont pas répondu aux attentes du peuple mais ont donné l’impulsion du deuxième Maïdan.

“La première révolution – que nous appelons “Révolution Orange” a été dynamisée par les politiciens. La deuxième révolution, ce sont les gens eux-mêmes qui l’ont faite. Parce qu’ils ne veulent plus vivre dans une “zone grise”. Ils se sont révoltés en faveur de leur choix européen. Je suis certaine que nous aurions pu faire plus après la Révolution orange. Mais je ne doute pas qu’elle a ouvert la voie à la lutte finale pour la liberté”, analyse Ioulia Tymoshenko, ancien Premier ministre ukrainien.

Dernière bataille en date pour l’Ukraine, les élections anticipées d’octobre dernier. Avec une victoire des partis pro-occidentaux désormais largement majoritaires. Reste que la guerre a eu des conséquences directes sur ce scrutin. Environ 5 millions d‘électeurs, sur 36 millions au total, n’ont pas pu voter en Crimée, ni dans les zones contrôlées par les séparatistes dans l’Est.

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