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Boukhara, escale incontournable sur la Route de la soie

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Boukhara, escale incontournable sur la Route de la soie

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Monica Pinna, euronews : “La Route de la soie était un carrefour de philosophies, de traditions, de religions, et par-dessus tout de marchandises. Sur cette route, Boukhara fut l’une des villes caravanières les plus riches. Elle a compté jusqu‘à 50 bazars et 75 caravansérails.

Boukhara s’est développée autour du commerce. Les quatre bazars qui subsistent donnent une idée de la façon dont le négoce a influencé le développement urbain au temps de la Route de la soie. Le centre-ville ressemblait à un hypermarché médiéval.

“La ville avait onze portes qui conduisaient au centre, explique l’architecte Klitshev Zoircho. Aux carrefours avaient été construits des passages commerciaux, qu’on appelle des Toks. Les routes entre ces Toks étaient recouvertes par des auvents pour faciliter les affaires.’‘

Les ruelles ombragées serpentaient à travers les étals, les caravansérails et les bazars pour former l’un des centres de commerce les plus colorés et les plus cosmopolites du monde islamique.

“Le carrefour principal était recouvert par un dôme central, souligne Klitshev Zoircho. Il y avait aussi des dômes plus petits qui recouvraient des ruelles. Ces constructions monumentales indiquaient et protégeaient les carrefours, permettant aux échanges commerciaux de durer plus longtemps.’‘

Entrer dans un caravansérail est une véritable expérience. Pas plus de dix édifices ont résisté au temps. Celui d’Ayoz, en plein centre, vient tout juste d‘être restauré et il est toujours fermé aux visiteurs. Les caravansérails avaient un rôle clé pour le commerce.

“On pouvait à la fois y loger, stocker des marchandises et faire du commerce de gros, explique Klitshev Zoircho. Il y avait de grands entrepôts pour conserver les marchandises, les biens étaient vendus ici en gros pour être vendus ensuite au détail dans les rues. Tous ces caravansérails étaient entourés de l’extérieur par des boutiques. Les détaillants récupéraient leurs produits ici et les vendaient dans la rue.’‘

“Les caravansérails sont un patrimoine culturel, ajoute Klitshev Zoircho. Ils ne sont pas aussi sophistiqués que les édifices religieux, car ils étaient destinés à un usage civil, mais ils avaient une importance historique.’‘

Il était possible de trouver toutes sortes de produits dans les bazars ; à Boukhara, les tapis locaux sont la marque de fabrique de la cité. Ils représentent encore aujourd’hui les motifs géométriques des douze anciennes tribus de Boukhara avec d’intenses nuances de rouge.

Sabina Burkhanova est vendeuse de tapis : “Le tapis de Boukhara est rouge, car les adeptes du Zoroastrisme, la religion dominante en Asie centrale avant l’arrivée de l’Islam, avaient l’habitude d’invoquer le feu et le soleil, donc quand ils étaient agenouillés sur les tapis, ils imaginaient qu’il y avait un feu sur le tapis’‘,

Environ vingt jeunes filles se rassemblent ici le matin pour apprendre le tissage des tapis, suivant une technique millénaire. Il faut des mois voire des années pour terminer un tapis, cela dépend de la taille, du nombre de nœuds par centimètre carré et du design.

“Pendant deux semaines, elles vont apprendre à faire un nœud, car pour faire un nœud il faut bouger ses doigts de huit manières différentes’‘, explique Sabina.
Pour être maître, cela dépend d’elles, de leur talent, de leur rapidité, de leur intelligence.’‘

“Il m’a fallu deux semaines pour apprendre et trois ans pour devenir maître, et j’ai toujours des choses à apprendre’‘, souligne Rano, une tisserande.

Le tourisme n’a pas empêché Boukhara de conserver son charme d’antan. Il est agréable de déambuler dans ses vieilles ruelles, où on perd facilement ses repères et le sens du temps.

Monica Pinna, euronews : “Il est temps de quitter les artisans et les bazars de Boukhara pour nous rendre vers la ville de Khiva. Ce sera dans le troisième et dernier épisode d’Uzbekistan Life.”