DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Sur les bancs d'une université pionnière de Riyad

Vous lisez:

Sur les bancs d'une université pionnière de Riyad

Taille du texte Aa Aa

L’Arabie Saoudite connaît actuellement un boom éducatif. En quarante ans, le nombre d‘étudiants est passé de sept mille à un million et ceux qui veulent entrer à l’université ont désormais l’embarras du choix. La capitale Riyad peut se targuer de disposer de quelques-unes des plus grandes universités du pays, certaines offrant des installations de calibre mondial. Les établissements d’enseignement supérieur sont en général, financés par le Royaume, à quelques exceptions près.

Exemple : l’==Université Prince Sultan de Riyad==, la première du pays à être gérée sans but lucratif. Tout l’argent reçu est réinvesti dans les études, le personnel et les cours. Ses responsables estiment que c’est ce qui explique son succès.

Les effectifs de cette Université sont relativement faibles par rapport aux standards saoudiens : elle accueille environ 4 000 étudiants dont le quart – une proportion importante – vient de l‘étranger. Illustration du caractère international de l‘établissement d’après son recteur Ahmed Yamani. “On le voit comme un melting pot, on a des facultés dans tous les domaines,” souligne-t-il avant d’ajouter : “trente-quatre nationalités étudient dans notre université et les élèves sont issus de différents milieux : ce qui a un effet positif sur les processus d’apprentissage et d’enseignement.”

Ingénierie, sciences de l’informatique, architecture, design, les matières sont très diverses et les enseignants font cours exclusivement en anglais. Objectif principal : préparer au mieux les élèves au marché de l’emploi. Des programmes ont été élaborés en fonction des besoins de certaines entreprises.

Abdullah Almizel, étudiant en réseaux et sécurité, estime avoir fait le bon choix : “ces cours nous font passer du niveau zéro au meilleur qui soit dans mon domaine,” dit-il. “J’ai déjà beaucoup d’offres d’emploi de la part d’organisations qui me proposent un salaire intéressant : jamais je n’aurais pu rêver mieux et je n’ai même pas fini mon cursus,” fait-il remarquer.

Comme dans les autres universités du Royaume, les femmes partagent le même campus, mais suivent des cours séparés. Elles ont accès à des formations dans différentes spécialités dont le but – là encore – est de favoriser leur insertion professionnelle. “Les années que j’ai passées dans cette université ont forgé la personne que je suis aujourd’hui,” explique Haneen AlGhamdi, une étudiante en architecture. “J’ai appris à m’exprimer en public,” poursuit-elle, “à mieux établir des relations sociales, à être indépendante et comment essayer d’atteindre mes objectifs.”

En 2006, l’Université a été la première en Arabie saoudite à proposer des cours de droit aux étudiantes. Plusieurs d’entre elles exercent aujourd’hui dans les tribunaux du pays, les autres font carrière dans la finance. “Je ne savais pas précisément ce que je voulais faire dans ce domaine, mais je voulais exceller et réussir et je me suis dit que cette université était le bon endroit pour cela,” insiste Maha Abdullah AlKhwyter, analyste d’entreprise. “On a le sentiment qu’on peut y faire tellement de choses, s’y découvrir soi-même,” affirme-t-elle, “la compétition est rude, mais c’est ce qui est bien dans cet établissement.”

“Dans les entreprises, les institutions ou même les banques, ils disent toujours : “on veut des étudiants de l’Université Prince Sultan parce qu’ils ont une certaine finesse d’esprit, quelque chose de spécial,” explique Rimah Alyahya, doyenne des facultés féminines, “et de ce fait, je suis très honorée de faire partie de cette institution et d’apporter ma contribution en les aidant à devenir uniques.”

En parallèle des études, des activités tout autres sont préconisées : participer à des débats de société, travailler comme bénévole ou faire du sport. Ce qui permet dans le dernier cas de renforcer l’esprit de compétition des élèves. Tous les étudiants doivent ainsi valider trois modules dans ce domaine. Faire preuve d’engagement dans le sport est une qualité qu’ils devront exploiter lors de défis personnels futurs.

Leur université qui a d’ores et déjà créé un précédent aspire pour sa part à élargir encore l’horizon de l’enseignement en Arabie Saoudite. “Notre établissement,” indique son recteur Ahmed Yamani, “est fier d‘être directement lié à une évolution majeure en Arabie Saoudite : cela prouve le succès de notre Royaume et la valeur d’un enseignement supérieur privé qui est sur un pied d‘égalité avec d’autres institutions renommées dans le monde,” conclut-il.