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BCE : les marchés misent sur un assouplissement quantitatif en janvier


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BCE : les marchés misent sur un assouplissement quantitatif en janvier

En dépit d’une révision à la baisse des prévisions de croissance jusqu’en 2016 et alors que la déflation menace, aucun nouveau programme de rachat d’actifs n’a été annoncé lors de la réunion de décembre de la Banque centrale européenne. La BCE veut d’abord évaluer l’impact de sa politique sur le deuxième semestre et mesurer les répercussions de la chute des cours du brut sur l’inflation, a expliqué son président, Mario Draghi.

L’incertitude a assombri l’humeur des marchés financiers en Europe comme au Moyen-Orient. Les investisseurs attendent à présent du concret sur fond d’hypersensibilité des marchés.

Pour Mario Draghi, c’est une course contre la montre. Le président de la BCE doit dégager un consensus sur un plan d’intervention d’ici la réunion de janvier. Un programme de rachat d’actifs de l’ordre de 1.000 milliards d’euros serait en préparation, bien que l’Allemagne, moteur de la Zone euro, s’y oppose.

L’euro reste très sensible aux signaux politiques de la BCE. Les indices européens ont plongé après la réunion, avant de se ressaisir dans l’espoir de voir la BCE annoncer un nouvel assouplissement quantitatif en janvier. Les indices de référence européens ont terminé la séance dans le vert vendredi 5 décembre, le Cac 40 clôturant sur une belle hausse de 2,29 % à Paris.

DAX (Allemagne) + 1.57%
CAC 40 (France) + 2.29%
IBEX (Espagne) + 2.68%
FTSE100 (GB) + 1.13%

Au Moyen-Orient, ces anticipations ont cependant été contrariées par l’agence de notation Standard and Poor’s, qui du fait de la chute des cours du brut, a abaissé la perspective de la dette saoudienne de positive à stable, et celle d’Oman à négative. Résultat : une ouverture mitigée sur les marchés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, dimanche 7 décembre. A Oman, le MSM30 a dévissé de plus de 4%.

TASI (Arabie Saoudite) – 0, 18 %
MSM30 (Oman) -4.15. % ADI (EAU) + 0.32%
EGX30 (Egypte) +0.79

La BCE est désormais sous pression. Selon les analystes, une nouvelle déception en janvier pourrait causer de gros dégâts sur les marchés.

L’interview : Noureldeen Al-Hammoury, chef stratégiste marchés chez ADS Securities

Daleen Hassan, euronews :

Est-ce que ce à quoi nous avons assisté la semaine dernière relève d’une stratégie délibérée de la BCE ou est-ce la conséquence inévitable des désaccords entre gouverneurs sur la marche à suivre ?

Noureldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

Mario Draghi se montre très réticent à agir depuis le début de l’année. Il a préféré attendre que les conditions économiques se détériorent dans la Zone euro avant de prendre des mesures. Cette fois, il n’y a aucune différence. En fait, la situation est encore plus sérieuse qu’avant. Les tensions internes à la BCE jouent un rôle majeur dans la politique actuelle. Cependant, pour intervenir, une petite majorité suffit et l’Allemagne ne peut pas bloquer. L’Allemagne essaie d‘éviter l’assouplissement quantitatif car elle le juge trop cher. Au final, la BCE doit répondre aux besoins des économies de la Zone euro dans leur ensemble et pas aux besoins spécifiques de l’Allemagne. Dès lors, nous pensons que de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif seront annoncées en janvier.

Daleen Hassan, euronews :

Concernant ces politiques, quelles sont les perspectives pour l’euro ? A-t-on besoin d’une intervention rapide de la BCE ?

Noureldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

Tant que la BCE envisage d’augmenter encore son bilan de 1.000 milliards, l’euro devrait rester sous pression et pourrait aller tester les 1,20 dollar dans les semaines à venir. En effet, nous pensons que la BCE doit intervenir vite, en tout cas plus vite qu’avant, alors que la baisse des cours du pétrole ajoute plus de pression sur l’inflation.

Daleen Hassan, euronews :

Vues d’Abu Dhabi, quelles sont les conséquences des dernières fluctuations des marchés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord en dépit des anticipations d’un possible assouplissement quantitatif en Zone euro en janvier ?

Noureldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

Au Moyen-Orient, deux facteurs ont un impact majeur : la chute des prix du brut pousse les investisseurs à chercher d’autres valeurs refuge alors que tout le monde redoute un ralentissement dans les prochains mois. Le second facteur est la décision des agences de notation financière, que vous avez mentionnée, d’abaisser la perspective des dettes de la région, ce qui accentue les peurs et risque de repousser les investisseurs pour un certain temps.

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