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Après 2014, année difficile, 2015, année de défis

Alors que 2014 arrive à son terme, Business Middle East revient sur les événements majeurs qui ont affecté les marchés financiers mondiaux cette année. Quelles perspectives pour 2015 ? Daleen Hassan e

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Après 2014, année difficile, 2015, année de défis

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Pour beaucoup, 2014 a été une année difficile, mais comme toujours, il y a eu des exceptions. Ainsi, les indices américains ont atteint des niveaux records grâce aux stimulus de la Réserve fédérale, à des résultats d’entreprise meilleurs que prévus et à une reprise économique modérée mais continue. Fin novembre, le Dow Jones gagnait près de 11 % sur l’année. La fin de la politique d’assouplissement quantitatif de la Fed a en effet été compensée par la hausse du PIB et la baisse du chômage.

L’Asie a elle aussi bénéficié du soutien de ses banques centrales. La Banque du Japon a ainsi injecté 80.000 milliards de yen dans l‘économie, dopant la bourse de Tokyo. Quant à la Banque populaire de Chine, a elle aussi fait des gestes en faveur des investisseurs, notamment en baissant son taux d’intérêt directeur.

En Europe, la BCE a également réduit le loyer de l’argent – c‘était en juin – et en dépit de l’impact limité de ses mesures pour la croissance en zone euro, les indices terminent presque tous l’année en territoire positif. Toutefois, les exportateurs européens ont particulièrement souffert et l‘économie française a stagné. Quant à la Grande-Bretagne, sa croissance a
a pâti du risque de sécession de l’Ecosse et d’un nouveau scandale bancaire.

En Allemagne, le Dax a résisté en dépit de l’impact négatif des sanctions russes en Zone euro. La Russie a elle-même souffert de la chute des cours du brut et des sanctions occidentales liées au conflit ukrainien. Le rouble, lui, a poursuivi sa dégringolade face au dollar et à l’euro, et ce en dépit d’interventions massives de la Banque centrale russe. Pour soutenir sa monnaie, elle a relevé son taux directeur ce mois-ci de 5,5 % à 10,5 %, rendant les crédits plus coûteux dans une économie déjà au bord de la récession.

Daleen Hassan a discuté de ces points avec Nour Eldeen Al-Hammoury, chef stratégiste marchés chez ADS Securities.

La chute des cours du brut a changé la donne

Daleen Hassan, euronews :

“ Comme nous l’avons vu Nour, les interventions de la Réserve fédérale ont dopé les performances des marchés au-delà des attentes. Doit-on s’attendre à une hausse de taux en 2015 ? “

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

“ Eh bien, sur une période très courte, tout a radicalement changé à cause de la chute des cours du brut. Peu d‘économistes anticipent une hausse de taux imminente. Des données négatives commencent à émerger telles que l’indice des prix à la production ou encore les commandes dans l’industrie, et viennent s’ajouter aux mauvaises nouvelles sur le marché immobilier. Dès lors, nous pensons que la Fed ne devrait pas pouvoir relever ses taux en 2015. “

Daleen Hassan, euronews :

“ En Asie, la croissance économique chinoise s’essouffle et la lutte du Japon contre la récession piétine. Quelles perspectives pour la région l’an prochain ? “

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

“ En Chine, pour commencer, le principal objet de préoccupation sera le marché du crédit qui a atteint des niveaux alarmants et nous serons attentifs à ce que la Banque populaire de Chine fera. Pour le Japon, nous pensons que l‘économie nippone restera en récession l’an prochain car nous pensons que les politiques du Premier ministre vont accentuer la récession. “

Daleen Hassan, euronews:

“ L’année a été stressante en Europe. Pensez-vous que la BCE prendra des mesures efficaces l’an prochain ? Et à quel point les choses peuvent-elles empirer pour la Russie ? “

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

“ Eh bien, il lui faut agir très vite. La situation économique s’est détériorée de façon significative ces derniers mois en dépit des décisions récentes de la BCE. Qui plus est, la chute des cours du brut tire l’inflation vers le bas et l’Europe pourrait bientôt souffrir de déflation.

En Russie, les choses risquent d’empirer alors que le déclin des prix du pétrole l’affecte directement. C’est un effet secondaire des sanctions occidentales et de la dégringolade du rouble. Mais il faut garder à l’esprit que la Russie n’est pas la seule affectée, les pays du Moyen-Orient le sont aussi. “

*Moyen-Orient : une année qui finit mal

Au Moyen-Orient justement, 2014 s’annonçait prometteuse. L’indice saoudien TASI s’est envolé de 30 % avant de perdre peu à peu ces gains pour passer en territoire négatif en fin d’année. Mais de grands changements se profilent : pour la première fois, la bourse de Ryiad, évaluée à 530 milliards de dollars, va s’ouvrir aux investisseurs du monde entier début 2015.

L’indice de Dubai s’est lui distingué en début d’année en engrangeant jusqu‘à 64 % de gains. Mais l’euphorie est retombée depuis. Début décembre, il fluctuait à des niveaux proches de ceux de 2013. Toujours aux Emirats arabes unis, le scénario a été similaire à la bourse d’Abou Dhabi. L’indice de référence a grimpé de 25 % avant de réduire nettement ses gains en fin d’année.

Enfin, en Egypte, l’EGX 30 a gagné plus de 45 % sur l’année alors que la situation politique commence à se stabiliser.

Deux facteurs ont toutefois généré de la volatilité sur les marchés du Golfe. Les conflits en Syrie et en Irak ont alimenté les craintes de guerre régionale contre le groupe Etat islamique. Par ailleurs, la chute des prix du brut a entamé les cours des compagnies pétrolières et fait craindre un ralentissement des économies de la région.

Les marchés du Moyen-Orient toujours attractifs

Daleen Hassan, euronews :

“ En tenant compte des événements géopolitiques et du fort déclin des cours du brut, quelle est votre évaluation des risques baissiers sur les marchés l’an prochain ? “

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

Les réserves et le potentiel de la région devraient probablement préserver son attractivité auprès de certains investisseurs. Les marchés du Moyen-Orient affichaient parmi les meilleures performances en 2014. Ce n’est plus vraiment le cas, mais nous pensons que leur déclin devrait être limité comme cela s’est vu à travers l’histoire, et ce en dépit des tensions géopolitiques qui n’ont eu qu’un impact limité sur les marchés de la région, ici au Moyen-Orient.

Daleen Hassan, euronews :

“ Sur la base des données financières dont vous disposez, quelles sont les prévisions en matière d’investissement dans les pays du Golfe en 2015 ? “

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

“ Les opportunités se trouvent en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. L’Arabie saoudite va ouvrir la porte aux investisseurs étrangers au début de l’année. Les estimations des liquidités qui vont être injectées sont très hautes.

Quant aux Emirats arabes unis, tout le monde sait qu’ils accueilleront l’exposition universelle en 2020 donc il y a beaucoup d’opportunités à saisir à l’approche de cette événement.