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Oscars d'Europe

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Riga, Lettonie. Loin des palmiers californiens, c’est parti pour la saison des traditionnels tapis rouges. Sur les bords de la Baltique, ce sont les films du Vieux Continent qui sont à l’honneur avec les 27ème Prix de l’Académie du Cinéma Européen. Un cinéma européen qui a besoin de s’affirmer.

“L’Europe a besoin d’un cinéma européen parce que c’est le langage de l‘émotion”, souligne le réalisateur allemand Wim Wenders. “Or, en Europe on parle d’abord des structures de financement et de l‘économie du cinéma plutôt que des émotions qu’il crée.”

Et ce qui se fait de mieux en Europe en ce moment, c’est lui : l’Anglais Steve McQueen : “Le cinéma est un outil puissant. Le cinéma peut changer des vies, il a changé la mienne c’est sûr. Je crois que nous, les artistes, nous avons une responsabilité. Pas seulement celle de divertir, parce que c’est ce que nous faisons, mais aussi celle de mettre en avant l’idée d’une humanité.”

Avec “12 years a slave”, Steve McQueen est entré dans le club restreint des réalisateurs européens oscarisés et “goldenglobisés”. Son troisième film seulement après “Hunger” et le très tendu “Shame”, tourné avec Michael Fassbender.

“J’ai remporté le prix de la catégorie cinéma international, pas le prix pour l’ensemble de ma carrière !”, note le Britannique. “Je n’ai réalisé que 3 films donc il ne s’agit pas de regarder en arrière mais vers l’avant. Je vais continuer et essayer de faire toujours mieux, de faire des films intéressants et on verra bien où cela me mènera.”

Vous l’avez peut-être déjà vu dans la saga Harry Potter, c’est Timothy Spall qui est reparti de Riga avec sa statuette de meilleur acteur pour son rôle dans “Mr Turner”, de Mike Leigh, un réalisateur auquel il rend hommage : “C’est toujours un défi de travailler avec Mike, un défi dans le bon sens du terme parce qu’il me demande toujours de m’impliquer afin de co-créer mon personnage.”

Marion Cotillard, elle, va devoir faire de la place sur ses étagères déjà bien encombrées. Elle remporte le prix de l’interprétation féminine pour “Deux jours, une nuit”, des frères Dardenne.

Mais la vraie sensation cette année, c’est le long-métrage polonais “Ida” signé Paweł Pawlikowski. Un film qui a su toucher le jury au point de remporter 5 prix.

Noir et blanc. Pologne. Années 60. Avant de prononcer ses voeux, une jeune orpheline élevée au couvent découvre un sombre secret de famille datant de l’occupation nazie.

“Le cinéma doit évoquer”, explique Paweł Pawlikowski. “On ne eut pas se contenter d’attirer des spectateurs dans une salle et de leur dire “regardez ici, regardez là, maintenant vous pouvez pleurer, maintenant vous pouvez rire”. Non, il faut créer un langage qui suggère plus qu’il n’affirme, vous voyez, afin que le film s’imprime dans les mémoires et les imaginaires.”

“Les Polonais ont toutes les raisons de faire la fête”, s’enthousiasme Wolfgang Spindler, journaliste d’Euronews. “Leur film en noir et blanc, “Ida”, a remporté un grand succès ce soir, grâce à une vision artistique doublée d’une grande performance d’acteurs.”

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