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Plongeon du rouble : la Banque centrale russe impuissante

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Plongeon du rouble : la Banque centrale russe impuissante

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Le spectre de la crise monétaire revient hanter la Russie. Le rouble a fait un plongeon historique de 20% ce mardi, l’euro dépassant le seuil des 100 roubles, et le dollar celui des 80. C’est 60 % de plus qu’en janvier.

Et ce, en dépit de l’intervention coup de poing, dans la nuit, de la Banque centrale de Russie qui a relevé son taux directeur de 10,5 à 17 %.

Son gouverneur, Elvira Nabioullina a imputé “ la dévalorisation drastique de la devise nationale à la chute des prix du pétrole et l’impossibilité pour les banques russes de se refinancer auprès des banques internationales,” du fait des sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne. Ces sanctions ont aussi provoqué une fuite de capitaux en Russie évaluée à 128 milliards de dollars en 2014.

Depuis début décembre, la Banque centrale a dépensé 5,9 milliards de dollars pour soutenir le rouble, en vain.
L’affaiblissement de la monnaie nationale se traduit déjà par une inflation de 10 % sur un an dans une économie condamnée à la récession par l’effondrement des cours du brut : si le baril devait rester à son niveau actuel, autour de 60 dollars, le PIB de la Russie pourrait chuter de 4,5 % l’an prochain selon la Banque centrale.

La rumeur court, qui plus est, que ses interventions pour enrayer la chute du rouble sont annulées par des achats massifs de dollars imputés à la compagnie pétrolière Rosneft. Celle-ci est soupçonnée de chercher à faire le plein de billets verts pour honorer des échéances de dette en devise américaine. Une rumeur qui n’a pas été commentée par l’intéressée.

La dernière option de la Banque centrale pour contrer le dérapage du rouble consiste désormais à convaincre un Kremlin réticent d’imposer des contrôles sur les mouvements de capitaux, au risque bien sûr de saper la crédibilité de Moscou sur les marchés.