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Technologie, saison 2014 en six épisodes (3/3) - Celui qui regarde des bêtises sur le web


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Technologie, saison 2014 en six épisodes (3/3) - Celui qui regarde des bêtises sur le web

Retour sur une année dans le monde des nouvelles technologies. Véritable feuilleton avec ses histoires d’amour, ses déchirements, ses intrigues-qui-font-peur et ses blagues-qui-font-rire.

Episode un : ceux qui se font toujours la guerre par appareils interposés
Episode deux : celui qui téléchargeait une nouvelle application

Episode trois : celui qui s’inquiète de la sécurité de ses données
Episode quatre : ceux qui défendent la neutralité des réseaux
Episode cinq : celle qui essayait d’être une femme dans un monde d’hommes

Episode six : celui qui regarde des bêtises sur le web

Des filles au cœur de sujets viraux
Le sport comme inspiration
Terrain de jeux des stars et stars terrains de jeux des internautes
Ubu roi


Des filles au cœur de sujets viraux

Les filles se sont aussi retrouvées au cœur de plusieurs phénomènes viraux survenus sur le web cette année.

L’un d’entre eux touchait précisément au sujet des femmes et à leur rapport à la technologie. Regroupé sous le nom de code de Coder Barbie, il se cristallise autour d’un livre publié par Mattel en 2010, intitulé ‘Barbie: I can be a computer engineer’ (‘Barbie : je peux être un ingénieur en science informatique’). Une scénariste de Disney, choquée par le discours sexiste caché derrière un titre pourtant encourageant, poste un article de blog sur ce livre le 17 novembre : dans le livre Barbie doit, en effet, constamment se faire aider, principalement par des garçons pour arriver à ses fins. L’article est alors repris par le site très consulté Gizmodo et de là Coder Barbie devient viral sous la forme de détournements du texte original. Barbie y est représentée en tant qu’experte en informatique que promettait le titre.

Depuis, Mattel s’est excusé et a retiré le livre de son catalogue. Autre retour de feu : l’auteur, Susan Marenco, elle-même ancienne spécialiste en ergonomie utilisateur chez Microsoft, a dû faire face à des centaines d’emails insultants.

Une quinzaine de jours auparavant, c’est une autre bataille féministe – la lutte contre le harcèlement de rue – qui connaît un écho important. Elle prend la forme d’une vidéo postée sur YouTube le 27 octobre. Celle-ci atteint en seulement quelques semaines le nombre de 38 millions de vues. On y voit une femme marcher dans New York et se faire interpeller, siffler, insulter, inviter, suivre…

Cette vidéo a été créée et publiée par l’agence Rob Bliss Creative en soutien à l’association Hollaback qui se bat contre le harcèlement de rue. En plus des millions de vues, la vidéo soulève critiques, débats et détournements plus ou moins heureux.

En avril, un crime d’une autre dimension suscite une campagne extrêmement virale. Le 14 avril, 273 collégiennes sont enlevées par les terroristes de Boko Haram au Nigéria. Le mouvement démarre au Nigéria de manière traditionnelle par l’action des familles des disparues. Il est relayé par une réalisatrice américaine qui se tourne alors vers les réseaux sociaux pour tenter de faire avancer les recherches. Elle crée une page Facebook, un compte Twitter et lance le hashtag #bringbackourgirls.

La résonance de son appel ira au-delà de ses espérances. Michelle Obama elle-même participera à la campagne. Son tweet sera le tweet le plus retweeté cette semaine-là.

En quelques semaines, le hashtag n’en finit pas de circuler. En trois semaines, il est utilisé plus d’un million de fois ne serait-ce que sur Twitter.
Cette campagne fait aussi resurgir le débat régulier sur le véritable poids de l’activisme sur internet.

Une autre polémique surgit aussi au mois de septembre lorsque le président nigérian Jonathan Goodluck tente d’utiliser le hashtag #bringbackGoodluck2015 dans sa campagne pour les élections présidentielles. Face à la colère soulevée, l’homme politique a cessé d’utiliser ce nouvel hashtag.

En Iran, d’autres jeunes gens ont vu leur droit foulé au pied. Leur tort ? Avoir tourné et publié une vidéo où ils dansent sur la chanson « Happy » de Pharell Williams. Les femmes y sont non voilées. La vidéo intitulée « Happy We are from Tehran » a été vue 1 700 000 à l’heure où nous écrivons.

Il n’en a pas fallu autant pour attirer l’attention des autorités iraniennes qui les arrêtent quelques jours seulement après la publication de la vidéo au mois de mai.


Pharrell Williams a lui-même réagi en déclarant sur son compte Facebook que : « C’est plus que triste que ces jeunes gens aient été arrêtés alors qu’ils essayaient de répandre le bonheur »

Ils sont condamnés au mois de septembre à un an de prison et 91 coups de fouet.


Terrain de jeux des stars et stars - terrains de jeux des internautes

Pendant ce temps, à l’opposé du spectre aussi bien féministe qu’humaniste, les internautes se bidonnent au mois de novembre en détournant la une du magazine Paper représentant le postérieur de Kim Kardashian. C’est elle-même qui lance le mouvement le 12 novembre en postant sur Instagram deux variantes de la une avec le hashtag #breaktheinternet (Cassez Internet).

#BreakTheInternet

Et billede slået op af Kim Kardashian West (@kimkardashian) den

Les internautes ont aussitôt fait de la prendre au mot et les tweets et d’autres images s’enchaînent :

Une autre star a bien failli “casser internet” avec le tweet le plus retweeté de toute l’histoire de Twitter. Il s’agit d’un tweet posté le 3 mars par Ellen DeGeneres lors de la soirée des Oscars. Cette célèbre présentatrice de talkshow américaine anime ce soir-là la cérémonie de remise des Oscars. Elle prend de nombreuses photos dont ce ‘selfie’ qui compte, entre autres guest stars, Brad Pitt, Angelina Jolie, Julia Roberts, Meryl Streep, Bradley Ciiper, Kevin Spacey, et Jennifer Lawrence.

Cette image, postée depuis un Samsung prêté à l’animatrice pour l’occasion, a aussi été détournée comme tout même qui se doit.

Avec plus d’un million de retweets, ce tweet détrône le soir-même le précédent record jusqu’alors détenu par Barack Obama lors de sa réélection :

Au cœur de l’été, les réseaux sont occupés à se verser des seaux d’eau glacée sur la tête. Ce mème, plus connu sous le nom de Ice Bucket Challenge (défi du seau glacé) cherche à attirer l’attention et à lever des fonds pour lutter contre la sclérose latérale amyotrophique (ou maladie de Charcot). Le défi aurait initialement été lancé par Pete Frates, un américain diagnostiqué comme atteint de cette maladie un peu plus tôt dans l’année. Des célébrités telles que Bill Gates ou Mark Zuckerberg aide le défi à se lancer.

L’ice bucket challenge repose sur le principe de la chaîne d’amitié, la personne qui a réalisé le défi doit en effet nominer trois autres personnes qui doivent alors à leur tour relever le défi. Comme toutes les chaînes d’emails, cela contribue largement à la diffusion du message.
Au cours de l’été de nombreuses stars acceptent la douche froide. Les anonymes suivent et le mouvement permet une levée de fonds sans précédent autour de cette maladie, aux Etats-Unis notamment où 80 millions de dollars sont récoltés. Au fil de l’été, la fatigue grandit autour de ce challenge. Les critiques apparaissent : en effet, certains se mettent en danger quand d’autres relèvent le défi sans faire de don pour autant, s’achetant une bonne image et une bonne conscience à moindre frais.

D’autres personnes détournent alors le défi pour faire parler d’autres causes, comme, par exemple, l’acteur Orlando Jones. Il se verse un seau de balles sur la tête évoquer la situation à Ferguson.


Le sport comme inspiration

Les deux grands événements sportifs de l’année ont été tous deux pourvoyeur d’amusement. Les Jeux olympiques de Sotchi font vibrer Twitter avant même le début des épreuves, à l’arrivée des journalistes qui constatent effarés les problèmes et retards pris dans les infrastructures et qui postent de nombreuses photos.

Au Brésil, lors de la Coupe du monde de football, Twitter s’embale lors du match entre la Belgique et les Etats-Unis autour des arrêts incroyables que fait Tim Howards, gardien de l’équipe américaine. Twitter relève tout au long du match 1,8 millions de mentions @TimHowardsGK. Les détournements se regroupent ensuite essentiellement sous le hashtag #ThingsTimHowardsCouldSave (les choses que Tim Howards pourrait arrêter).


Ubu roi

Et enfin, car le web ne serait pas ce qu’il est sans ses « owni » ou « objets du web non identifiés », en l’espèce la « potato salad » et « Alex from target ».

La salade de pomme de terre est le projet absurde de Zack Brown qui démarre comme une blague sur la plateforme de financement participatif Kickstarter le 3 juillet. Il y explique qu’il a envie d’une salade de pomme de terre et il met $10 comme objectif de financement. Au fur et à mesure où cet objectif est dépassé Zack Brown ajoute des éléments à son projet. Arrivé à $35, il promet d’organiser une « pizza party » ; pour $100 il projette d’essayer deux recettes différentes. Puis c’est l’escalade : $300, il appelle un cuisinier pour avoir une meilleure recette, $1000 il retransmet la fabrication de la salade en direct !

Son projet atteint finalement $55 492 : ce qui était une blague commence à devenir une histoire encombrante car cet argent, donné par 6 911 personnes est bien réel. Zack Brown organise finalement un événement le 27 septembre autour de la pomme de terre pour lever encore plus de fond pour une association qui lutte contre la pauvreté et qui aide les sans-abris. Il récolte finalement $18 000 en tout.

Enfin, la fin de l’année a vu le principe de la minute wharolienne poussée à son paroxysme avec “Alex from Target”.
Cet adolescent est devenu célèbre le 02 novembre lorsqu’est postée une photo de lui à son travail, à la caisse d’un magasin de la chaîne Target. Il est jeune et il est mignon. La photo est retweetée plus de 1 000 fois dans les 24 heures qui suivent. Le hashtag suit peu de temps après et il est utilisé plus d’un million de fois, selon le site d’analyse d’audience Topsy, entre le 02 et 05 décembre.
Le fameux Alex finit par réagir le 02 novembre en posant la question « je suis célèbre maintenant » le deux novembre, avant de s’émouvoir du nombre grandissant de followers qu’il voit affluer sur son compte.

Le lendemain, Target aussi réagit sur Twitter : « on te cœur aussi Alex ! »

Une agence de communication, Breakr, tente de récupérer le phénomène en se déclarant à sa source, mais l’information est aussitôt démenti par Alex et sa famille, par Auscalum, l’utilisateur qui a posté la photo à l’origine, et par le site Buzzfeed qui publie un article le 05 novembre sur le sujet.
Il est aussi l’invité du talkshow d’Ellen DeGeneres, mentionnée ci-dessus, le 04 novembre.
Le 12, le très sérieux quotidien américain le New York Times publie un long article où l’adolescent explique aussi avoir depuis reçu des menaces de mort.

Alex-le-beau-gosse compte désormais 2,4 millions de followers sur Instagram et 747 000 sur son compte Twitter qui a été authentifié par le réseau social.

Comme toujours, Alex from Target a généré détournements et dérivés.


Quand tu vas à Target et qu’Alex ne travaille pas


Betty de Wallmart


Maintenant retrouvons Frankie from Starbucks


Il a scanné mes articles quand où personne ne voulait le faire


Volez-lui son look


Quand Alex commence son travail

photo par Anthony Quintano, sous licence CC 2.0, recadrée

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