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Le Musée des Confluences de Lyon ouvre ses portes

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Le Musée des Confluences de Lyon ouvre ses portes

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L’imposant Musée des Confluences de Lyon ouvre ses portes – enfin diront certains – au public ce samedi 20 décembre.

Ce musée, dont le bâtiment a été conçu par le cabinet autrichien Coop Himmelb(l)au, a en effet fait couler presque autant d’encre dans les médias qu’il y a d’eau dans le Rhône et la Saône, le fleuve et la rivière qui encadrent le musée.

Principale raison derrière cette attention médiatique : la réalisation du musée fut longue, très longue. Les premières discussions datent de 1998. Entre temps, le coût du chantier a explosé : multiplié par cinq au gré des années de retard, le prix du musée est passé de 61 à 287 millions d’euros (officiellement 255,4 millions).

Le projet a aussi été moqué, notamment par des artistes locaux.

Nuage et Cristal

Hors des polémiques, quid du musée ? Force est de constater que son architecture est bien “remarquable”, comme le martèle la communication officielle. “Remarquable au sens vrai du terme, qui interpelle” explique Hélène Lafont-Couturier, la directrice. L’imposante structure est effectivement impossible à rater dans le paysage urbain lyonnais, peu habitué à une telle audace stylistique.

Le bâtiment en tant que tel se compose de trois éléments. Le Cristal, verrière gigantesque faisant office de hall d’entrée, est agrémentée d’un Puits de Gravité, sorte de maelström de verre et d’acier. Le Nuage, lui, abrite les salles d’expositions permanentes et temporaires. Enfin, le Socle, sur lequel repose les précédents éléments, accueille, entre autre, des amphithéâtres pour des conférences.

La structure est presque aussi démesurée que le budget. Longue de 180m et d’une surface totale de 27 000 m2, elle marque désormais de manière monumentale la pointe sud du quartier de la Confluence et la jonction du Rhône et de la Saône, marqueur géographique et identitaire de la ville de Lyon.

Derrière le bâtiment, l’extrême pointe de la Presqu‘île lyonnaise a été aménagée en 2,4 hectares de jardins. Son ouverture au printemps prochain donnera sans nul doute l’occasion aux visiteurs de s’y prélasser et aux Lyonnais de se réapproprier un peu plus les cours d’eaux traversant leur ville. Un appontement est même prévu à moyen terme pour que bateaux de croisières et navettes fluviales y amènent directement des visiteurs.

A l’intérieur du musée, ce ne sont pas moins de quatre expositions permanentes rassemblant 3000 pièces qui attendent les visiteurs. Les différents parcours, proposés sous l’angle de la pluridisciplinarité, mélangent anthropologie, archéologie, sciences du vivant et des techniques. Au programme : “Origines, les récits du monde”, “Sociétés, le théâtre des Hommes”, “Espèces, la maille du vivant” et “Eternités, visions de l’au-delà”.

Déambulation et déception

Une grande part est laissée à l’audiovisuel et sont aussi mis à disposition des objets à toucher, imaginés principalement pour les enfants. Mais les grands pourront aussi avoir le plaisir de tâter une astéroïde, un bout de Lune ou un crâne fossilisé de dinosaure.

Les expositions temporaires rendent pour l’instant hommage aux racines historiques du Musée des Confluences. En effet, l’origine du fond des collections remonte à avant la Révolution française. On retrouve donc une “chambre des merveilles”, héritières des cabinets de curiosité du XVIIIe siècle.

Un large espace est aussi dédié à la vie et l’oeuvre d‘Émile Guimet, riche érudit et collectionneur d’arts lyonnais qui créera de son vivant deux musées, à Lyon et à Paris, dont une partie des fonds se retrouve aujourd’hui à la Confluence.

Une manière de réaffirmer ainsi la légitimité, au moins historique, du nouveau musée, tant contesté par ses détracteurs.

La muséographie, sans être renversante, réussit à échapper à une linéarité que ce soit chronologique ou géométrique. On déambule, plus que l’on suit un parcours, et l’on peut se perdre dans une alcôve pédagogique ou un lieu de projection en 3D.

Le parti-pris du mélange des genres, s’il est parfois déroutant (un camion Berliet, autre détail très local, à côté d’une peinture aborigène), a le mérite de constamment stimuler l’attention et la curiosité du visiteur.

A l’heure de la visite de presse, plusieurs salles n‘étaient pas encore achevées, de même que les finitions d’autres salles. Dommage que l’ouverture des portes ait été semble-t-il précipitée, selon des journalistes locaux. Le département, argentier d’un projet défendu corps et âme par l’ancien garde des Sceaux et conseiller général local Michel Mercier, souhaitait l’ouverture avant le 1er janvier 2015, date à laquelle le musée doit être transféré à la Métropole de Lyon.

Le musée est bien là cependant, et son aventure ne fait que commencer. Plusieurs expositions temporaires sont déjà prévues, pour atteindre un rythme de croisière de 4 à 6 par an. 500 000 visiteurs annuels y sont attendus.

Galerie photo Musée des Confluences