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HarperCollins s'excuse d'avoir effacé Israël de la carte


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HarperCollins s'excuse d'avoir effacé Israël de la carte

La géopolitique a-t-elle été sacrifiée sur l’autel du commerce ? En publiant une carte du Moyen-Orient sans Israël, la maison d’édition américaine HarperCollins a déclenché une vaste polémique. Cette carte, provenant d’un nouvel atlas destiné aux écoles anglophones de la région, n’omettait pas simplement de mentionner le nom de l’Etat hébreux, les frontières de ce dernier ont été également purement effacées. En lieu et place, les frontières syrienne et jordaniennes ont été déplacées jusqu’au littoral méditerranéen. La bande de Gaza et la Cisjordanie n’ont, elles, pas été oubliées. Les deux entités palestiniennes figuraient bien sur la carte.

L’affaire a été révélée par la revue catholique britannique The Tablet. L’article, publié le 30 décembre dernier, faisait état des réactions indignées des évêques anglais et gallois réunis lors d’une conférence épiscopale. Pour les prélats britanniques, de telles publications ne vont pas dans le sens des efforts de paix, c’est même tout le contraire.

Rapidement, la sphère numérique s’est emparée de cette « omission » et les réactions ont été très vives.


Israel EXISTE. Mais pour HarperCollins, plus pour très longtemps. #BOYCOTT pour avoir effacé Israël des cartes


Appel au boycott d’HarperCollins pour avoir supprimé Israël de la carte. George Orwell approuve ce tweet


Je vais passer l’année 2015 en mettant en place une campagne appelant au boycott total d’HaperCollins


Le 31 décembre, HarperCollins a publié un communiqué sur la page Facebook de sa filiale britannique pour s’excuser et indiquer que l’atlas allait être retiré de la vente et les stocks restant détruits.

Dans un premier temps, l’éditeur avait pourtant assumé son choix. Un représentant de Collins Bartholomew, une branche de l’éditeur en charge de la création des cartes, avait en effet déclaré à la revue Tablet que le choix de ne pas faire figurer Israël est dû aux « préférences locales », les clients du Golfe jugeant la présence de l’Etat hébreux « inacceptable ». Le livre était effectivement destiné aux pays du Golfe. HarperCollins a donc fini par céder. L’ouvrage, au titre éloquent d’ « Atlas, apprendre avec les cartes » n’est plus donc disponible.


La couverture de l’ouvrage

The Tablet, dans son article, rapporte le point de vue du docteur Jane Clements, directrice d’une organisation britannique œuvrant pour le dialogue entre Catholiques et Juifs. Pour cette dernière, « les cartes peuvent être un outil très puissant en termes de délégitimation de l’autre et peuvent conduire à la confusion plutôt qu‘à la clarté ». « Nous serions désireux de voir les autorités compétents, poursuit-elle, de s’assurer que tous les atlas reflètent partout la position officielle des Nations unies sur les pays, les frontières et toutes les fonctions politiques ».

Une déclaration qui trouve un écho certain par rapport à la situation en Crimée. Bien que l’annexion de cette dernière ne soit pas reconnue par les Nations unies, les autorités russes ont intégré la péninsule dans les représentations géographiques de leurs pays.

Ce qui peux être « compréhensible » pour le pouvoir de Valdimir Poutine ne l’ai certainement pas pour des éditeurs tiers. Ainsi, la revue américaine National Géographic s‘était fait vertement critiquer pour avoir voulu intégrer la Crimée au territoire russe, bien qu’au final rien de tel ne fut fait.

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