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Le Canard Enchaîné menacé de mort : "C'est votre tour", indique un message

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Le Canard Enchaîné menacé de mort : "C'est votre tour", indique un message

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“C’est votre tour”, menace un message qui a été envoyé au Canard Enchaîné dès le 8 janvier, au lendemain de la tuerie à Charlie Hebdo. Le journal satirique le plus célèbre de France, qui a presque cent ans d’existence, a reçu les menaces par courriel. Elles sont violentes, elles promettent de “découper à la hache” les journalistes de l’hebdomadaire. D’habitude, explique Le Canard dans l‘édition sortie ce mercredi, “ce genre de menaces finit à la poubelle”. Mais dans le contexte actuel, sa direction a préféré prendre toutes les précautions. Le procureur de la République a ouvert une enquête. L’un des rédacteurs en chef, Louis-Marie Horeau, a indiqué mercredi que le siège du journal, tout comme les locaux de son imprimerie, étaient protégés par des forces de sécurité.

Le Canard Enchaîné ne cède pas à la peur pour autant et, comme Charlie Hebdo qui a décidé de tenir tête aux terroristes islamistes, il ne perd pas son humour noir. “La kalach ou la hache ?”, se questionne-t-il en une. “Au moment où il n’est pas facile de se fendre la gueule, poursuit-il, ça tombe bien”. C’est d’ailleurs plus la tristesse que l’angoisse qui domine actuellement dans la rédaction, selon Louis-Marie Horeau. Il faut dire que l’emblématique dessinateur Cabu, qui était un fidèle collaborateur de l’hebdomadaire depuis une trentaine d’années, manque énormément à tout le personnel. Le Canard lui rend spécialement hommage dans son numéro du 14 janvier en publiant plusieurs de ses dessins, et en faisant dire à Cabu en gros titre : “Allez les gars, ne vous laissez pas abattre !”.

“Toutes les semaines depuis trente ans, Cabu venait le mardi matin à l’atelier de composition, témoigne Louis-Marie Horeau, il dessinait pour coller aux articles de l‘édition. Ce mardi, quand nous étions à l’atelier, personne n’a osé s’asseoir sur la chaise de Cabu. La mort de Cabu représente pour le Canard un vide sidéral”.
Dans le sillage de son petit frère Charlie Hebdo, le Canard Enchaîné s’est vendu comme des petits pains. Le journal satirique avait pourtant devancé la demande en imprimant 635 000 exemplaires au lieu de 470 000 habituellement. Face à l’engouement des lecteurs, il a décidé de réimprimer en masse : le tirage va atteindre près d’un million d’exemplaires cette semaine, ce qui est rarissime.