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La Grèce entre chômage élevé et forte fiscalité


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La Grèce entre chômage élevé et forte fiscalité

Après six années de récession, le chômage en Grèce a atteint 25,8% à la fin de l’année 2014. Il était de 28% un an plus tôt.
Mais l’histoire de la Grèce n’est pas dans les chiffres. Elle est dans l’histoire de ces millions d’hommes et de femmes dont la vie a été chamboulée.
Comme celle des salariés de la cimenterie de Chalkidia Evia à 70 kms près d’Athènes.
La plupart ont été licenciés, et ceux qui restent attendent leur tour.

“Les licenciements ont été massifs : 226 salariés. Pas seulement 50, 60, 70 ou 80 personnes. Tout le monde va y passer. C’est juste une question de temps, affirme Stelios Fotias. On attend la fin du mois ou du mois prochain. De toute façon on y passera tous tôt ou tard”.

Depuis mars 2013. le groupe français Lafarge, propriétaire de la cimenterie avait décidé sa fermeture.

“Jusqu‘à il y a quatre ans, la région d’Evia était une des régions florissantes de l’industrie grecque, explique notre correspondante permanente en Grèce Symela Touchtidou. Maintenant c’est une région ravagée par le chômage dont le taux dépasse 35%”.

Dans un pays en récession depuis plusieurs années, le secteur du bâtiment est devenu sinistré et la demande de ciment s’est fortement réduite.

“Depuis 2010, nous constatons la désindustrialisation régulière de la région avec des fermetures de grosses usines qui employaient des centaines de salariés et ça a grandement impacté la vie de la région”, explique Maria Smirneou, secrétaire général du centre du Travail de cette région proche d’Athènes.

Quelques entreprises survivent. Exemple : l’usine de tabac de Papastratos qui a beaucoup investi dans le site et devrait jouer un rôle majeur sur le marché après la crise. L’usine n’a pas licencié ni supprimé d’emplois, mais aujourd’hui, la pression fiscale lui fait perdre de l’argent.

“On a eu sept hausses d’impôts en cinq ans. Aujourd’hui 90% du prix de nos produits ce sont des taxes, affirme d’entrée Nikitas Theophilopoulos, le directeur de l’usine Papastratos. Donc ça laisse juste 10% pour l’industriel, le grossiste et le détaillant. De plus, la baisse du pouvoir d’achat est un gros problème. Le résultat c’est la hausse des produits de contrebande”.

Le tourisme a été la pierre angulaire sur laquelle s’est construit le retour de la croissance en 2014. En Grèce, l’industrie du secteur a baissé ses prix et a battu des records de fréquentation. Vingt quatre millions de touristes ont visité la Grèce l’an dernier.
Les acteurs du tourisme grec espèrent faire mieux en 2015 mais n’ont qu’une crainte : que les deux mots : “crise grecque” reviennent à la Une des médias internationaux.

“Nous avions eu ce record de 24 millions de touristes en 2014, explique Yiannis Retsos, le President de la fédération de l’hôtellerie grecque. Et vous comprenez que la dernière chose qu’on veut c’est l’image d’une Grèce qui se décompose dans les médias étrangers, parce que la Grèce n’est pas en décomposition. Donc depuis le départ, nous avons demandé à tout le monde de faire preuve de retenue et de faire en sorte que les élections se passent calmement”.

Pour le monde des affaires en Grèce, l’enjeu majeur du prochain scrutin c’est la stabilité politique. Peu importe qui gagne, pour les chefs d’entreprises, l’important c’est un gouvernement stable qui ne compromettra pas les relations de la Grèce avec ses partenaires européens.

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