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Dieudonné préfère le charisme de la controverse

Dieudonné M’Bala M’Bala est à nouveau sous les projecteurs cette semaine. Il sera jugé notamment mercredi pour “apologie du terrorisme” après avoir écrit sur les réseaux sociaux “je me sens Charlie Coulibaly”. Une phrase postée le 11 janvier, quelques jours après les attentats de Paris, qui associe le slogan de soutien au journal satirique, “Je suis Charlie”, au nom d’Amédy Coulibaly, le preneur d’otages qui a notamment tué quatre juifs dans un supermarché casher.

Ses partisans crient à l’acharnement, se demandant “pourquoi Charlie Hebdo, c’est la liberté d’expression et pas Dieudonné”. Ses détracteurs, eux, soulignent les multiples provocations et déclarations de l’humoriste controversé qui semble obsédé par les Juifs.

Basculant du côté obscur

L’homme a affiché un visage totalement différent, il y a plus d’une quinzaine d’années. Né d’un père camerounais et d’une mère bretonne, le métis s’est fait connaître grâce au duo comique qu’il formait dans les années 90 avec Elie Semoun. Duo à travers lequel ils se moquaient notamment l’un l’autre de leurs origines juives et africaines respectives. Dieudonné s’est ensuite lancé dans une carrière solo, a joué dans des films. Il s’est entretemps engagé également en politique. Il a été candidat aux élections législatives à Dreux en Eure-et-Loire pour combattre le Front national en 1997. Mais ses engagements ne s’arrêtaient pas là. Dieudonné a milité aussi pour une plus grande représentativité des Français non-blancs sur le petit écran.

En 2000, il a annoncé qu’il serait candidat à l‘élection présidentielle. Mais il n’a pas obtenu le nombre suffisant de parrainages en 2002.

C’est cette même année que le basculement vers le côté obscur s’est fait sentir, notamment quand l’humoriste a affirmé qu’il préférait “le charisme de Ben Laden à celui de George Bush”, quelques mois après les attentats du 11 septembre qui ont fait plusieurs milliers de morts aux Etats-Unis.

Démêlés avec la justice, rapprochement avec le FN, “étranges liens avec l’Iran”

Propos assimilant les Juifs à une secte, salut nazi sur France 3 en décembre 2003, chanson “shoahnana”, “quenelle”, etc. ont alimenté la polémique et multiplié les démêlés avec la justice. Dieudonné a déjà été condamné neuf fois en une dizaine d’années pour incitation à la haine raciale.

Parallèlement, il s’est rapproché du Front national. Il était notamment présent à la convention présidentielle du parti d’extrême-droite en novembre 2006. Invité sur LCI, il s’est justifié ainsi : “il faut arrêter de diaboliser, de dire que cet homme (NDLR Jean-Marie Le Pen, alors président du FN) est mauvais parce qu’on favorise une fracture à l’intérieur de la République. Et moi, je m’inscris dans cette réconciliation : on est noir, on est blanc, on est arabe”.

Plus tard, on apprendra également ses liens avec l’Iran. Selon le Figaro, des liens existent (…) depuis au moins 2009. Le 21 novembre de cette année-là, Dieudonné M’Bala M’Bala avait effectué une visite en Iran, au cours de laquelle il avait rencontré le président de l‘époque, Mahmoud Ahmadinejad, connu pour ses positions anti-Israël.”

Alors, Dieudonné sera-t-il condamné pour apologie du terrorisme ? Un délit puni d’une peine allant jusqu‘à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.

La semaine dernière, le parquet a requis une lourde amende de 30.000 euros contre l’humoriste controversé pour des propos jugés antisémites qui avaient débouché fin 2013 – début 2014 sur l’interdiction de plusieurs représentations de son spectacle “Le mur”.

Avec AFP

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