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Banques centrales en action

Bienvenue dans ce premier numéro de la nouvelle saison de Business Middle East. Ce programme hebdomadaire se focalise sur les événements économiques

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Banques centrales en action

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Bienvenue dans ce premier numéro de la nouvelle saison de Business Middle East. Ce programme hebdomadaire se focalise sur les événements économiques qui font la une dans le monde et sur l’impact qu’ils peuvent avoir au Moyen-Orient.

Chaque semaine, nous allons analyser les variables économiques internationales susceptibles de modifier les perspectives financières au Moyen-Orient.

Au sommaire de cette édition : les interventions des différentes banques centrales au cours du mois janvier.

Les annonces quasi-quotidiennes de plusieurs banques centrales n’ont pas manqué de secouer plus ou moins violemment les marchés financiers et ont fini par accélérer certains changements de politique.

En janvier, le secteur bancaire a donc été marqué par de nombreux événements. Certains programmés, d’autres, en revanche, ont eu l’effet d’un tsunami.

Le 15 janvier, la Banque nationale suisse a ainsi déclenché une véritable onde de choc en abandonnant le cours plancher de 1,20 franc suisse pour un euro. Le franc suisse s’est alors fortement apprécié avant de revenir à la parité avec l’euro.

Une semaine plus tard, la Banque d’Angleterre a décidé à l’unanimité – une première depuis le mois de juillet dernier – de ne pas modifier ses taux d’intérêt. Les deux banquiers centraux favorables à une hausse des taux ayant finalement changé d’avis, en raison d’une inflation historiquement basse.

Depuis la fin de l’année dernière, on s’attendait à ce que la Banque Centrale européenne annonce un programme d’assouplissement quantitatif. C’est chose faite depuis le 22 janvier dernier. Le gouverneur de la BCE, Mario Draghi, prévoit d’injecter dans l‘économie de la zone euro 60 milliards d’euros par mois entre mars 2015 et septembre 2016.

De son côté, la Réserve fédérale américaine préfère patienter avant de relever ses taux d’intérêt. Selon sa présidente, Janet Yellen, aucune hausse ne devrait intervenir avant la tenue d’au moins deux autres réunions de la Fed.

Enfin, ce mois de janvier très mouvementé s’est conclu par la baisse inattendue de 17 à 15 % du taux directeur de la Banque centrale russe.

Alors, faut-il y voir le signe avant-coureur des difficultés à venir ou bien une leur d’espoir ?

Pour discuter des retombées des décisions prises par les banques centrales, notre journaliste Business, Daleen Hassan, reçoit Nour Eldeen Al-Hammoury, Responsable des Stratégies Marchés chez ADS Securities. Nour sera d’ailleurs avec nous toutes les semaines pour nous donner un aperçu des derniers développements des marchés, ainsi que son analyse des événements économiques.

Daleen Hassan, euronews (DH) :
“Pourquoi ces décisions en cascade prises par les banques centrales ? Est-ce à cause de la baisse très importante des cours du pétrole ? Du ralentissement de la croissance ? Ou bien, y a-t-il d’autres facteurs en jeu ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities (NH) :
“Le pétrole n’est pas la seule explication. Tout d’abord, l‘économie mondiale s’est affaiblie et a ralenti depuis le milieu de l’année dernière. À l‘époque, les banques centrales avaient estimé que ce ralentissement serait de courte durée.
Mais plus important encore, l‘économie mondiale a aujourd’hui besoin de réformes structurelles, et ces réformes, elle en a besoin depuis la crise financière. La dette globale augmente de façon significative atteignant des niveaux records supérieurs à ceux qu’on a connus avant la crise. La situation va encore empirer cette année.”

DH :
“Quels sont les risques encourus avec des taux d’intérêt encore plus bas ? Le pire est-il encore à venir ?”

NH :
“Si vous vous rappelez, nous avions anticipé cela la saison dernière. Les choses, pour ainsi dire, vont à l’encontre des positions des banques centrales. Ce qui a conduit, on l’a vu, à des prises de décisions panique par certains grandes banques centrales. Chaque banque centrale a réagi séparément. Il n’y a eu aucune intervention coordonnée, ce qui a conduit à une guerre ouverte des monnaies. D’autres défis pourraient bien nous attendre cette année encore : l’abaissement des taux de dépôt en dessous de zéro est le signe que l‘économie globale est très proche de la récession. Les banques centrales essaient évidemment d’empêcher cela.”

DH :
“Concentrons-nous sur le Moyen-Orient. Quel a été l’impact de ces décisions ? Les banques centrales de la région envisagent-elle de prendre des mesures similaires ?”

NH :
“Oui évidemment, la région Afrique du Nord et Moyen-Orient a ressenti les effets de certaines de ces décisions. Nous intervenions sur des marchés très variés, en particulier après les résultats décevants enregistrés par plusieurs sociétés importantes. En outre, un certain nombre de sociétés ont repoussé des projets très importants à cause de la chute des cours du pétrole. Cela dit, les banques centrales de la région n’envisagent pas d’intervenir prochainement, sauf si la Réserve fédérale américaine décide finalement d’intervenir. Dans ce cas, les banques centrale de la Région Afrique du Nord et Moyen-Orient interviendront à leur tour, car nos monnaies sont directement corrélées avec le dollar américain.”

DH :
“Nour, merci et à la semaine prochaine.”

‘Business Snapshot’, c’est la nouvelle rubrique de Business Middle East. Chaque semaine, elle vous donnera un instantané de la situation économique d’une entreprise ou bien d’une région.
Aujourd’hui, direction les Émirats arabes Unis et plus précisément Abou Dhabi où le groupe français, Total, vient de décrocher 10 % d’une importante concession pétrolière pour une durée de 40 ans.

Total sécurise, en effet, sa présence dans les Émirats arabes unis. Le géant pétrolier français a récemment signé un accord de concession avec le Supreme Petroleum Council d’Abou Dhabi et la compagnie nationale Abou Dhabi National Oil Company.

Cette concession de 40 ans, dont le renouvellement faisait l’objet d‘âpres négociations depuis des années, regroupe les quinze principaux gisements de pétrole terrestres d’Abou Dhabi, et représente plus de la moitié de la production d’or noir de l‘Émirat.

En 2015, cette concession baptisée ADCO du nom de la société opératrice (Abou Dhabi Company for Onshore oil operations), devrait générer une production d’environ 1,6 million de barils par jour et de 1,8 million de barils par jour à l’horizon 2017.

Avec une participation de 10 % dans la concession ADCO, Total met la pression sur ses principaux rivaux, Shell et BP, ainsi que sur plusieurs compagnies asiatiques qui entendent, elles aussi, avoir leur part du gâteau.

Le directeur général de Total, Patrick Pouyanné, a évidemment salué la signature de cet accord. Dans le même temps, il a annoncé la réduction de 30 % des dépenses d’exploration du groupe pour 2015, en raison de la chute du prix du baril.

C’est ainsi que s’achève ce numéro de Business Middle East.
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