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Mutilations génitales féminines : encore des milliers de cas impunis en Europe

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Mutilations génitales féminines : encore des milliers de cas impunis en Europe

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A l’occasion de la journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, l’assemblée générale des Nations unies dresse un bilan critique. 500 000 femmes seraient victimes de mutilations en Europe, 60 000 en France. Ces actes de barbarie sont encore peu condamnés par la justice.

Point of view

Ils vous laissent avec un sentiment de confusion extrême au sujet des personnes en qui vous aviez confiance.

Les victimes sont rarement âgées de plus de 15 ans. Les mutilations génitales, la plus pratiquée étant l’excision, visent à retirer totalement ou partiellement les organes génitaux externes d’une fille. Ces pratiques peuvent avoir plusieurs origines : culturelles, religieuses, ou sociales. Ce qui au départ était une problématique essentiellement africaine, s’ancre de plus en plus en Europe.

Leyla Hussein, victime de MGF se confie dans le journal anglais The Independant : «J’ai été maintenue sur une table par quatre femmes. Elles m’ont dit que ça n’allait pas être douloureux et m’ont traitée d’idiote. Apparemment, elles m’ont fait une injection pour m’engourdir, mais j’ai tout senti. » « Après ça, on vous donne des cadeaux, des chocolats, des bonbons – ma sœur et moi avons même reçu des montres en or. Vous êtes maltraitée, mais vous êtes récompensée pour cela. Ils vous laissent avec un sentiment de confusion extrême au sujet des personnes en qui vous aviez confiance. »

La France : second pays le plus touché en Europe

Si le Royaume-Uni reste le pays le plus touché d’Europe, la France recense près de 60 000 cas de MGF. Les populations émigrées étant les premières victimes.

Nombre estimé de femmes affectées par des MGF au Royaume-Uni (2014), aux Pays-Bas (2013), en Hongrie (2012), en Belgique, en Irlande (2011), en Italie (2009), en France (2007), en Grèce (2006); et en Autriche (2000).

Illégales, en France comme à l’international, la plupart des opérations se font dans le secret d’une communauté et dans des conditions d’hygiène souvent précaires. Les complications médicales sont multiples. En plus d’être extrêmement douloureuse, l’excision est à l’origine d’infections multiples pouvant entraîner une stérilité, générer des septicémies qui, sans traitement adéquat, peuvent évoluer vers la mort.

Un nombre de poursuites encore insuffisant

La France dénombre aujourd’hui près de quarante procès à l’encontre de parents dont les enfants sont morts sur le territoire français à la suite d’excisions, mais aussi contre des exciseuses. C’est plus que partout ailleurs. Un nombre lié, selon un rapport qui compare les chiffres britanniques aux chiffres français, au suivi médical obligatoire des enfants jusqu‘à l‘âge de six ans. « En outre, les filles identifiées comme étant exposées aux risques de MGF sont tenues d’avoir des examens médicaux chaque année, et chaque fois qu’elles reviennent de l‘étranger » continue le rapport.

Mais le nombre de poursuites reste encore insuffisant par rapport au nombre de cas. L’Assemblée générale des Nations unies appelle donc cette année à une plus grande mobilisation et implication des personnels de santé pour endiguer le phénomène des mutilations génitales féminines.