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Pourparlers de Minsk : attentes a minima à Kiev

Alors que les nouvelles de l’est sont toujours plus inquiétantes, à Kiev, la population se raccroche aux efforts déployés sur la scène diplomatique

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Pourparlers de Minsk : attentes a minima à Kiev

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Alors que les nouvelles de l’est sont toujours plus inquiétantes, à Kiev, la population se raccroche aux efforts déployés sur la scène diplomatique, sans toutefois trop y croire.

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Je doute que l'on puisse attendre une résolution du conflit. La crise est très compliquée et est allée trop loin.

“Les chances de résoudre la crise sont très minces. Combien de négociations y a-t-il déjà eu? Et les Ukrainiens continuent de mourir! Mon père a été mobilisé. J’ai peur. Je veux qu’il nous revienne vivant,” martèle un jeune-homme. “Il faut négocier parce que notre peuple meurt,” estime pour sa part un quinquagénaire. “Les gens du Donbass ne savent pas ce qu’ils font! C’est si facile de revendiquer la liberté, mais pour en faire quoi? Qui reconstruira le Donbass?”

Dans le camp du Président ukrainien Petro Porochenko, les parlementaires n’en démordent pas : négocier, oui, mais pas question de céder aux velléités indépendantistes des rebelles pro-russes. C’est notamment la position du député Mykola Tomenko.
“Nous espérons trouver une formule de cessez-le-feu,” dit-il, “mais pas au prix d’une perte de souveraineté ou de territoire. Nous pouvons parler uniquement de mesures accordant une certaine autonomie à un gouvernement régional dans l’est du pays.”

Pour réussir, les négociateurs doivent se fixer un objectif réaliste selon Volodymyr Fesenko, analyste politique.“Ce que l’on attend surtout de ces négociations, c’est un accord de cessez-le-feu dans l’est du pays. Je doute que l’on puisse attendre une résolution du conflit. La crise est très compliquée et est allée trop loin,” explique-t-il.

S’ils ont bien lieu mercredi, les pourparlers de Minsk devront en tout cas, pour aboutir, surmonter un obstacle majeur : la défiance qu’inspire aujourd’hui la Russie.