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Grèce et Eurogroupe : des approches inconciliables ?

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Grèce et Eurogroupe : des approches inconciliables ?

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La Grèce continue de croire à une solution dans le bras de fer qui oppose le pays à ses partenaires de la zone euro. Pourtant à deux reprises, les négociations pour trouver la manière dont le pays va se financer, ont tourné court. Une impasse qui ne semble pas entamer la confiance de certains Grecs.

“Nous devons soutenir le gouvernement dit cet homme. Il fait bien les choses. Nous n’avons rien d’autre à perdre. Nous devons retrouver notre dignité et ils vont trouver la solution.”

“Tout est ouvert mais je ne pense pas qu’ils vont laisser la Grèce se tourner vers la Russie ou la Chine explique cet autre habitant d’Athènes. Je pense qu’ils vont également prendre du recul.”

La Grèce ne veut plus entendre parler du programme actuel d’aide de l’Union européenne, seule option possible pour l’Eurogroupe. Athènes souhaite un répit de quatre mois de ses créanciers pour négocier une nouvelle feuille de route.
Le député de Syriza, Dimitrios Papadimoulis : “Le gouvernement grec ne fait du chantage à personne. Nous sommes à la recherche d’une solution qui soit bonne pour la Grèce mais aussi pour l’ensemble de la zone euro. Nous ne faisons pas de chantage et nous n’acceptons aucun chantage.”

Le programme d’aide de la Grèce s’achève à la fin du mois. Avec des banques asphyxiées et des problèmes de financement, le pays se rapprocherait inéluctablement de la faillite et d’une sortie de l’euro.

Olaf Bruns, euronews

Selon le côté où l’on se place, on peut avoir l’impression que le gouvernement grec est comme un joueur de poker téméraire qui ne réalise pas à quel point il pousse son pays vers l’abîme. On peut aussi avoir l’impression que l’eurozone est un monstre bureaucratique sans pitié prêt à sacrifier un pays pour des principes finalement.

Grégory Claeys, économiste au Bruegel think tank, Bruxelles

On peut avoir l’impression que le gouvernement grec est parfois un peu inexpérimenté mais au final, sur la substance, je pense qu’il a été élu sur un mandat clair, qui est de mettre fin au programme mis en place par la troïka, et du coup, leurs demandes sont claires et parfois justifiées.
C’est vrai que l’eurogroupe et les partenaires européens de la Grèce ont mis en place une politique depuis 2010 qui a été, finalement, assez contre-productive, ils ont sous-estimé l’impact négatif de l’austérité.

Olaf Bruns

Est-il pensable, que hier soir, la Grèce et l’Eurozone ont surjoué l’affrontement pour finalement mieux faire passer un compromis derrière ?

Grégory Claeys, Bruegel think tank

C’est vrai qu’on peut penser qu’ils ont un peu surjoué, on a eu l’impression qu’ils sont allés au clash et que cela s’est terminé d’une façon négative, alors que si on regarde vraiment dans les détails, il semble, dans la substance, qu’ils sont désormais assez proches.

Olaf Bruns

Hier, le message de la Grèce, très brièvement, était pas d’extension du programme alors que le message de l’Eurozone était : pas de discussion avant un accord pour prolonger le programme, quelle est la marge de manoeuvre ?

Grégory Claeys

D’un côté on veut un prêt temporaire, de l’autre, on veut l’extension du programme.
Au final, c’est pas si éloigné que cela, c’est plutôt que les Grecs ne peuvent pas revenir dans leur pays et dire à leurs électeurs, qu’ils ont voté pour un programme qui est honni en Grèce ! Donc, c’est plutôt un problème de sémantique.

Olaf Bruns

On est dans une situation avec un ultimatum à très court terme, mercredi. Alors supposons qu’il n’y ait pas de compromis, où cela laisserait-il la Grèce ?

Grégory Claeys

Le mois prochain, la Grèce devra rembourser certains de ses prêts, alors c’est vrai qu’on a un vrai problème de timing. Néanmoins, ces dernières années ont montré qu’on arrivait toujours à trouver un compromis même si c‘était à la dernière minute.

Olaf Bruns

Très brièvement, les contours d’un éventuel compromis que vous entr’apercevez ?

Grégory Claeys

Je pense qu’ils devraient s’accorder sur plusieurs points.
Le premier ce serait de ne pas couper dans la dette, le deuxième point ce serait un problème de réformes qui seraient très centrées sur la lutte contre la corruption et l‘évasion fiscale, et sur ce point-là, je pense que ce n‘était pas une priorité des gouvernements précédents. Aujourd’hui , ça l’est pour Syriza, donc je pense qu’il devrait jouer là-dessus car c’est quelque chose d’assez important.
Et le troisième élément serait plutôt sur les conditions même de cette dette. Je pense qu’il est possible d’allonger un peu cette dette, de réduire le taux d’intérêt pour que ce soit moins douloureux à court terme pour la Grèce.