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Me-Mo, un mag-tab dédié au photojournalisme

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Me-Mo, un mag-tab dédié au photojournalisme

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Un nouvel espace pour le photojournalisme. Le magazine Me-Mo, uniquement conçu pour les tablettes, fait ses premiers pas dans le monde et trois de

Un nouvel espace pour le photojournalisme. Le magazine Me-Mo, uniquement conçu pour les tablettes, fait ses premiers pas dans le monde et trois de ses co-fondateurs, les photographes Manu Brabo, Guillem Valle et Fabio Bucciarelli ont fait une halte à Paris pour le présenter.
Tous sont des professionnels aguerris, lauréats de prix prestigieux comme le prix Bayeux des correspondants de guerre ou le World press photo.
La première édition de Me Mo parle de la peur, peur de la guerre, du manque de liberté ou de l‘éducation, peur de ne pas faire ou ne pas être accepté. “Pour nous, Me-mo signifiait faire un pas en avant, un pas naturel pour trouver une formule explique Guillem Valle. Nous ne prétendons pas que ce soit le paradigme du meilleur photojournalisme, le meilleur de ce qui peut se faire, ou l’idéal. C’est plutôt un pari, le fait de dire: essayons d’ouvrir une voie et voyons où cela nous mène.”

Le photographe de Turin Fabio Bucciarelli a centré son travail ces dernières années sur les changements majeurs survenus en Lybie, en Syrie, au sud Soudan ou au Mali. Un travail qui comporte évidemment des risques : “Documenter un conflit a toujours été dangereux, depuis Robert Capa et aujourd’hui encore souligne Fabio Bucciarelli.Ce qui a changé c’est la figure du journaliste dans une zone de guerre, encore plus ces dernières années où les armées, que soient des guérillas ou des armées régulières, ont compris l’importance du journaliste et du photographe dans une zone de guerre. Donc, non seulement le journaliste n’est plus protégé mais il est plutôt considéré comme une cible.”

L’Espagnol Manu Brabo s’attache lui à photographier les conflits sociaux. Mais depuis 2007, son travail porte sur les bouleversements politiques, les soulèvements et les guerres dans des pays comme Haïti, le Honduras, le Kosovo, la Libye, l’Egypte, la Syrie ou l’Ukraine. Manu Brabo a été lui-même enlevé en Libye, en 2011. Aujourd’hui, il couvre le conflit en Ukraine. “Etant donné la dimension qu’ont pris les choses, je pense que nous sommes en face d’une guerre civile. Et la grande différence avec les autres guerres que j’ai couvertes, c’est que dans ce cas, j‘étais sur place avant que ça devienne une guerre. Ce qui m’a permis de voir toute l‘évolution, c’est comme si depuis les événements en Crimée, je pouvais déjà savoir comment les choses allaient se passer.”

La présentation de Me-Mo à Paris a eu lieu au 61, un espace bar créé par Rémy Ourdan, grand reporter au quotidien Le Monde, il a notamment couvert le siège de Sarajevo. Me-Mo dit être totalement indépendant, financièrement et éditorialement. Absence totale de publicité, présence de projets exclusivement sur le long terme : ce sont quelques uns des principaux objectifs de Me-Mo. ici la technologie doit servir la narration et les histoires.
“Me-Mo Magazine c’est en soi à la fois un projet extrêmement réussi de magazine sur le photojournalisme mais c’est aussi la démonstration – parce qu’ ici au “61” on accueille assez souvent des événements sur la photographie – du dynamisme du photojournalisme” explique Rémy Ourdan.

Me-Mo pour Memory in Motion, a été créé via un financement participatif en ligne. Les 15 000 euros nécessaires pour lancer le projet ont été largement atteints.