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Georges Marchais privé de place à Villejuif : la veuve du communiste se fâche


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Georges Marchais privé de place à Villejuif : la veuve du communiste se fâche

Georges Marchais aurait une bonne raison de se retourner dans sa tombe au cimetière de Champigny-sur-Marne où il repose depuis novembre 1997. Le maire de Villejuif, dans le même département du Val-de-Marne, en banlieue parisienne, persiste à vouloir débaptiser un parvis de sa ville qui porte le nom de l’ancien secrétaire général du Parti communiste français. Très fâchée, la veuve de l’homme politique, Liliane Marchais, a déposé une requête devant le tribunal administratif de Melun.

Au maire, Frank Le Bohellec, qui a conquis Villejuif sous l’étendard du parti de droite UMP lors des dernières élections municipales (Un exploit puisque la ville était communiste depuis 1925), l’épouse de Georges Marchais vient d’écrire : “Vous semblez persister à vous acharner sur un homme, une histoire, qui ne vous conviennent pas”. C’est en décembre dernier que le conseil municipal de Villejuif avait voté pour remplacer un “Georges” par un autre sur la plaque du parvis. La nouvelle personnalité choisie s’appelle en effet Georges Mathé, un grand cancérologue qui a l’avantage d’être aussi gaulliste.

Mais pourquoi une telle querelle de clocher ? se demandent les proches des deux illustres défunts. “Cette opposition n’a aucun sens”, écrit Liliane Marchais, rappelant que la femme du cancérologue, Catherine Gaston-Mathé, souhaite comme elle “qu’une solution soit trouvée pour honorer les deux Georges et rassembler ainsi toutes les sensibilités françaises”.

Dans un vieux fief communiste comme Villejuif, Georges Marchais, dirigeant du PCF de 1972 à 1994, député de la première circonscription du Val-de-Marne de 1973 à 1997, semblait avoir toute sa place. Mais Georges Mathé, qui a fait presque toute sa carrière à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif, qui a fondé et dirigé le réputé Institut du cancer, mérite aussi légitimement d’être honoré par la ville. Le préfet du Val-de-Marne joue les conciliateurs en demandant au maire de “trouver un compromis acceptable avec les deux familles”.

On peut imaginer que de son vivant, Georges Marchais, qui a fait les grandes heures des débats politiques à la télévision française grâce à sa faconde, à sa malice et à ses colères inoubliables, n’aurait pas manqué de lancer au maire de Villejuif : “C’est un scandale ! Taisez-vous, Le Bohellec !”

Même le journaliste Jean-Pierre Elkabbach, qui a souvent bataillé avec le dirigeant communiste dans ces débats télévisés, lance un appel au premier magistrat :

Un exemple du franc parler de Georges Marchais lors de la soirée électorale du 19 mars 1978 sur la chaîne Antenne 2, après le second tour des élections législatives (Victoire de la droite 51,06%, 48,57% pour la gauche). Source INA :

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