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Domestique torturée, son employeuse condamnée


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Domestique torturée, son employeuse condamnée

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Erwiana est une survivante et justice vient de lui être rendue. Devenue un symbole des employés de maisons étrangers exploités et maltraités, cette jeune femme vient de voir son ancienne employeuse condamnée à 6 ans de prison et 1 700 euros d’amende pour l’avoir battue, affamée, et menacée… C’est une cour de justice de Hong Kong qui a rendu le verdict.
L’employeuse, une femme au foyer, mère de deux enfants, âgée de 44 ans, a ébouillanté son employée, l’a frappée à coup de balai, l’a privée de sommeil, avait confisqué ses papiers, menaçait de tuer ses proches…
Elle a été reconnue coupable de 18 chefs d’inculpation pour Erwiana et une autre de ses employées, Tutik. Elle avait plaidé non-coupable.

Le tribubal a estimé qu’elle “n’a fait preuve d’aucune compassion”.

“De tels comportements pourraient être évités si les domestiques n‘étaient pas contraints de vivre au domicile de leurs employeurs” par leur visa, a noté la juge.

Celle-ci a demandé aux autorités hongkongaises comme indonésiennes d’ouvrir une enquête sur les conditions de travail en général des domestiques étrangères travaillant dans l’ancienne colonie britannique.

Elle a également mis en exergue les frais “significatifs” imposés aux domestiques par les agences de placement dans leur pays d’origine, frais qui sont ensuite déduits de salaires peu élevés :

“il y a ici un élément d’exploitation. “Elles ne peuvent partir ou changer d’employeur, car elles doivent rembourser leur dette”.

Elles n’ont en outre que deux semaines pour retrouver un employeur sinon elles sont renvoyées dans leur pays.

Une manifestation dénonçant l’esclavage de ces travailleurs étrangers était organisée devant l‘édifice :

“Des abus, il y en a, et même si Erwiana a gagné en justice, les abus vont continuer si les lois ne changent pas” a déclaré Vicky Casia, elle-même employée de maison depuis 20 ans.

Hong Kong compte plus de 300 000 employés de maison étrangers. Ce sont en majorité des femmes et pour moitié des Indonésiennes, qui voient la promesse de bons salaires des agences de placement devenir un cauchemar. Selon Amnesty International, elles sont souvent payées en retard et moins bien que prévu, ne dorment que très peu, sont mal nourris, et dans le pire des cas, maltraités. Privées de leurs papiers d’identité et vivant au domicile des employeurs, elles se retrouvent prises au piège.

Erwiana était parvenue à fuir en janvier 2014, après huit mois de violences. Elle avait été hospitalisée dans un état grave à Sragen, sur l‘île indonésienne de Java.

L’affaire, au retentissement international, avait pris un tour diplomatique lorsque l’ancien président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono avait appelé lui-même la domestique en lui promettant que “justice serait rendue”.

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