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Inde : un violeur accuse les femmes d'être responsables de leur sort

Les femmes indiennes qui se font violer sont responsables de leur sort lorsqu’elles sortent la nuit et attirent l’attention des hommes : c’est ce qu’a déclaré l’un des accusés du viol en réunion qui avait coûté la vie d’une jeune femme de 23 ans en 2012 à New Delhi.

Mukesh Singh conduisait le bus dans lequel étaient montés Jyoti Singh et son ami après une soirée au cinéma. La jeune femme avait été violée puis battue à coups de barres de fer. Elle était morte de ses blessures quelques jours plus tard. Son décès avait provoqué une vague de manifestations en Inde et dans le monde entier.

Dans une interview accordée à la BBC depuis sa cellule de prison où il attend l’appel de sa condamnation à mort, Mukesh Singh répète que, selon lui, une femme est bien plus responsable d’un viol qu’un homme.

« Une femme décente ne traîne pas dehors après 9h du soir. Les hommes et les femmes ne sont pas égaux. Les femmes sont faites pour le ménage et les travaux domestiques, pas pour traîner dehors à faire des mauvaises choses et porter des mauvais vêtements. Environ 20% des femmes sont décentes. »

Il a ajouté que si Jyoti Singh ne s’était pas débattue, elle serait toujours en vie : « Lorsqu’une femme se fait violer, elle ne devrait pas se défendre. Elle devrait se taire et se laisser faire. Dans le cas de Jyoti, ils l’auraient relâchée après ‘se l’être faite’ et ils auraient juste tabassé son copain. »

Mukesh Singh nie toute implication directe dans le viol mais il a tout de même été condamné à mort. Il a fait appel de ce verdict qui, selon lui, ne fera au contraire qu’aggraver la situation : « La peine de mort rendra les choses encore plus dangereuses pour les femmes. Avant, les hommes violaient les femmes et se disaient ‘laissons-la, elle ne dira rien à personne’. Maintenant, lorsqu’ils violeront une femme, en particulier les criminels, ils la tueront. »

L’avocat de Mukesh Singh avait tenu des propos similaires sur les femmes lors du procès : « si ma fille ou ma sœur se fiançait puis se déshonorait en s’autorisant de tels comportements, alors je la ramènerais dans ma ferme où je lui jetterais de l’essence avant de mettre le feu pour la brûler vive devant toute ma famille. »

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