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Taryn Simon : les faits sans les effets

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Taryn Simon : les faits sans les effets

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La galerie parisienne du Jeu de Paume accueille l‘œuvre de Taryn Simon. Et son jeu, cette photographe américaine sait le cacher. A la voir présenter

La galerie parisienne du Jeu de Paume accueille l‘œuvre de Taryn Simon.
Et son jeu, cette photographe américaine sait le cacher.

A la voir présenter son travail, avec son petit look newyorkais étudié à la Sofia Coppola, on ne l’imagine pas les pieds dans la boue, appareil photo en bandoulière.

Taryn Simon n’est pas vraiment photojournaliste. Son travail, dans la forme, ne verse pas non plus dans le contemporain. Taryn Simon évolue entre deux eaux. Avec une obsession : révéler des faits, des endroits cachés, des constructions mensongères, des injustices flagrantes.

Avec, dès 2003, des portraits d’hommes condamnés pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Et plus récemment des photos de lieux tenus secrets, tel un site de compactage de déchets nucléaires aux États-Unis ou un inventaire des milliers d’objets saisis chaque année par les douaniers américains.

“Je pense que j’utilise la photographie et le texte pour souligner le caractère changeant et manipulable de l’espace dans lequel la connaissance est créée”, analyse l’artiste. “J’essaye de créer deux pôles. Un pôle photographique et un pôle textuel entre lesquels le spectateur évolue, en émettant constamment de nouveaux jugements, de nouvelles interprétations, de nouvelles hypothèses au sujet des histoires qui sont au cœur de mon travail.”

Taryn Simon, c’est avec tout une grande rigueur.
Rigueur dans les deux sens du terme.

Rigueur du cadre, pas de fioritures, pas d’effets.
Rigueur du propos, approche documentaire où seuls comptent les faits.

Taryn Simon n’est pas une photographe du témoignage. Elle ne dit pas “Regardez, j’y étais”. Elle dit “Regardons. Analysons. Conservons”. Ses photos, elle le voit comme des documents, simplement amenés à rejoindre des archives.