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Paris : 32 ans après l'attentat rue des Rosiers, trois suspects identifiés

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Paris : 32 ans après l'attentat rue des Rosiers, trois suspects identifiés

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C’est ce qui s’appelle un travail judiciaire de longue haleine. Plus de 32 ans après les faits, trois suspects ont fini par être identifiés et localisés dans l’enquête sur l’attentat sanglant de la rue des Rosiers à Paris. Ce sont des Palestiniens qui vivent maintenant en Cisjordanie, en Jordanie et en Norvège. Le juge antiterroriste français Marc Trévidic, qui a repris l’enquête instruite précédemment par le magistrat Jean-Louis Bruguière et qui s’est fait épauler par des agents de la Direction générale de la sécurité intérieure, a lancé contre eux des mandats d’arrêt internationaux le 20 février dernier.

L’attaque du 9 août 1982 avait été menée par un commando d’au moins trois hommes, armés de pistolets-mitrailleurs. A la mi-journée, ils avaient d’abord lancé une grenade dans l’épicerie juive de Jo Goldenberg, qui jouxtait son restaurant en plein coeur du quartier du Marais à Paris. Deux des terroristes étaient ensuite entrés dans l’établissement en ouvrant le feu aveuglément sur le personnel et les clients. Les tueurs avaient finalement réussi à s’enfuir en continuant de tirer dans la rue des Rosiers. Après quelques minutes seulement de terreur mais bien sûr interminables pour les victimes, le bilan était lourd: six morts et 22 blessés.

L’hebdomadaire Paris Match révèle l’identité des trois suspects poursuivis, qui auraient été localisés grâce à des témoignages anonymes. Walid Abdulrahman, alias Abou Zayed, âgé de 56 ans, vivrait à Oslo et aurait acquis la nationalité norvégienne, Mahmoud Khader Abed, alias Hicham Harb, âgé de 60 ans, se trouverait à Ramallah, sur le territoire palestinien de Cisjordanie; ils sont soupçonnés d‘être les tireurs. Le troisième homme, Mohamed Souhair al-Abassi, alias Amjad Atta, âgé de 64 ans, résiderait en Jordanie; il aurait organisé la logistique sans participer à la tuerie.

Paris Match publie aussi des photographies des membres présumés du commando, ci-dessous celle de Walid Abdulrahman :

L’attentat de la rue des Rosiers avait été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire, un groupe armé palestinien dissident du Fatah de Yasser Arafat (qui dirigera ensuite l’OLP, l’Organisation de libération de la Palestine). Abou Nidal, nom de guerre de Sabri al-Banna, était à la tête de ce mouvement. Considéré comme un ennemi intime de Yasser Arafat, il était soupçonné d’avoir fait exécuter plusieurs hommes de confiance du chef palestinien. Abou Nidal a emmené tous ses secrets dans la tombe, il a été retrouvé mort le 19 août 2002 à Bagdad, la capitale de l’Irak.

photo par Alan1948, cc Attribution 2.0 Generic recadrée et niveaux retouchés