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Les cours du pétrole semblent repartir à la hausse

Bienvenue dans Business Middle East ! Cette semaine, nous nous intéressons aux cours de l’or noir et aux tentatives répétées pour lui redonner un peu

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Les cours du pétrole semblent repartir à la hausse

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Bienvenue dans Business Middle East !
Cette semaine, nous nous intéressons aux cours de l’or noir et aux tentatives répétées pour lui redonner un peu de son lustre d’antan.

Après 7 mois de forte baisse, le prix du baril est remonté en février, de quoi rendre un début de sourire à l’industrie pétrolière.

De son côté, l’Arabie Saoudite, qui a joué un rôle-clé dans la stabilisation des cours du pétrole se veut confiante.

Quant aux Etats-Unis, leurs réserves d’or noir ont progressé bien au-delà des prévisions.

Cela dit, les investisseurs restent prudents et attendent avec impatience la prochaine réunion de l’OPEP prévue en juin.

Avant de discuter plus en détails des cours du brut, retour sur les chiffres de la production pétrolière pour le mois de février.

Le vent serait-il en train de tourner sur le marché de l’or noir ?

Après des mois de baisse significative – du jamais-vu depuis 6 ans – on peut entrevoir les signes avant-coureurs d’une remontée des cours.

Pour la première fois depuis juillet, le marché pétrolier renoue en douceur avec les bénéfices.

En février, les prix du Brent ont ainsi gagné 18,79 % et ceux du brut WTI : 4,56 %.

Dans le même temps, le nombre des sites de forage opérationnels aux Etats-Unis a baissé de 19,38 % le mois dernier. Contrairement aux stocks de brut américain qui, eux, ont augmenté de 8,4 millions de barils en février.

Au Moyen-Orient, les pays du Golfe se veulent rassurants et s’efforcent de conserver un ton positif dans leurs déclarations depuis la dernière réunion de l’OPEP qui s’est tenue en novembre 2014. Tout sera fait pour œuvrer au rééquilibrage du marché pétrolier n’a pas manqué de rappeler le ministre saoudien du Pétrole, Ali al Naimi, lors d’une récente conférence de presse :

“L’Arabie Saoudite reste déterminée à contribuer à la stabilisation du marché, mais la conjoncture actuelle nécessite aussi l’implication des pays non membres de l’OPEP, qui pour l’heure, ont choisi de ne pas intervenir pour des raisons qui leur appartiennent. En tout cas, une chose est sûre, a martelé Ali al Naimi, l’Arabie Saoudite continuera à chercher un compromis.”

En juillet dernier, le baril de brut cotait encore entre 100 et 115 dollars. En ce moment, il vaut environ 2 fois moins. Tout le monde retient donc son souffle jusqu‘à la prochaine réunion de l’OPEP en juin, en espérant que la tendance s’inverse pour de bon.

Daleen Hassan, euronews :
“Cette stabilisation des prix du pétrole est-elle durable ?
Nour Eldeen Al-Hammoury, Responsable des Stratégies Marchés chez ADS Securities à Abu Dhabi nous a rejoints. Bonjour Nour. Alors, selon vous, la reprise observée en février va-t-elle se poursuivre ou laisser la place à une nouvelle baisse importante ?”

Nour eldeen Al Hammoury, ADS Securities, Abu Dhabi :
“Le contexte géopolitique impacte fortement la stabilité des prix que ce soit le récent accord entre la Russie et l’Ukraine, les attaques de la coalition internationale contre Etat islamique, ou encore la reprise de certains sites pétroliers par l’armée irakienne dans la région de Mossoul. Parallèlement, l’appréciation du dollar américain joue un rôle déterminant dans la chute des prix du pétrole, malgré le récent rééquilibrage des cours. Et si le dollar continue de grimper, les prix du pétrole en pâtiront et auront donc peu de chance de repartir à la hausse dans les mois à venir. Par ailleurs, l’offre progresse, tout comme la production, alors que la demande, elle, reste faible.En outre, si la Chine et d’autres géants économiques continuent d’afficher des résultats décevants, il y a peu de chance que la pression retombe d’ici à la prochaine réunion de l’OPEC en juin prochain.

Daleen Hassan:
“Dans quelle mesure, les déclarations des ministres du Pétrole du Golfe stabilisent-elles les cours, alors qu’aucune action n’a été prise pour réduire la production ?”

Nour aldeen Al Hammoury:
“Les interventions des ministres du Pétrole ministres ont un rôle significatif dans le processus de stabilisation. Les marchés sont très attentifs à leurs interventions qui cherchent à les rassurer en leur expliquant que la chute des prix de pétrole n’est que temporaire et que les cours remonteront prochainement. Les ministres se disent confiants : les producteurs finiront par intervenir tôt ou tard. Ce qui a conduit les investisseurs a temporisé et a fermé leurs positions à court terme, permettant ainsi d’alléger la pression sur les prix.”

Daleen Hassan:
“Malgré une légère embellie, les prix du brut restent bas. En quoi cela peut-il affecter la région du Golfe ?”

Nour aldeen Al Hammoury:
“Un pétrole trop bon marché peut se révéler dangereux pour les membres du Conseil de coopération du Golfe. Les budgets de ces pays pourraient devenir déficitaires, ce qui conduirait à des coupes dans les dépenses publiques voire à la mise en place de taxes. Pour autant, n’oublions pas que le Conseil de coopération du Golfe dispose d‘énormes réserves pétrolières.On a appris récemment que l’Arabie Saoudite, par exemple, pourrait survivre à cette chute des cours pendant encore 8 ans au moins, et ce, sans même rogner sur ses dépenses publiques. Mais, comme je l’ai dit précédemment, un pétrole trop bon marché risque d’affecter à long terme les membres du Conseil de coopération du Golfe, ainsi que leurs projets en cours et à venir.”

Daleen Hassan:
“Merci Nour et à la semaine prochaine.”

C’est ainsi que s’achève ce numéro de Business Middle East. N’hésitez à nous faire part de vos commentaires sur notre page Facebook Euronews Business.
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