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Un nouvel implant intraoculaire pour en finir avec la presbytie


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Un nouvel implant intraoculaire pour en finir avec la presbytie

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Cette semaine, Futuris fait le point sur le traitement de la presbytie

Avec l‘âge, notre œil éprouve des difficultés à effectuer rapidement la mise au point à différentes distances. Il faut alors porter des lunettes. La science peut-elle nous aider à conserver une meilleure acuité visuelle au fil des ans ?

La presbytie est un phénomène normal de vieillissement de l‘œil dont les causes n’ont pas toutes encore été percées à jour.
Avec l‘âge, le cristallin – la “lentille” naturelle de l‘œil – perd de son élasticité, se bombe insuffisamment, et du coup, a du mal à accommoder.

María Jesús Blanco Montes, patiente atteinte de presbytie :

“Après 40 ans, ma vision de près a commencé à se dégrader. Comme je ne souhaitais pas porter de lunettes pour lire, j’ai décidé de me rendre à l’hôpital afin de trouver une solution alternative.”

La chirurgie ophtalmologique permet de remplacer le cristallin rigidifié par un implant artificiel, tel qu’une lentille multifocale. Le patient peut alors de nouveau voir à la fois de près et de loin. Ce type d’intervention est fréquent en cas de cataracte. Cela dit, les lentilles multifocales ne sont pas forcément la panacée selon Ignacio Jiménez-Alfaro Morote, le responsable du département d’ophtalmologie de l’hôpital Fundación Jiménez Díaz :

“L’idéal serait de trouver une solution plus physiologique au problème de la presbytie. Une solution qui, d’une certaine façon, imiterait le comportement du cristallin humain. Les lentilles que nous implantons offrent certes une correction de la vision de près et de loin, ainsi que de la vision intermédiaire, mais ne stimulent pas le mécanisme d’accommodation.”

Alors, comment rendre le traitement de la presbytie plus efficace ?

Dans le cadre d’un projet de recherche européen, des scientifiques planchent actuellement au développement d’instruments destinés à concevoir des implants plus “organiques”, autrement dit : capables de changer de forme naturellement et donc plus proches des propriétés intrinsèques du cristallin.

Les explications de Susana Marcos, chercheuse en optique et biophotonique au Conseil supérieur espagnol de recherche scientifique (CSIC) et coordinatrice du projet PRESBYOPIA :

“Pour nous, les lentilles accommodatives sont les lentilles du futur parce qu’elles reproduisent le comportement d’un cristallin jeune et en parfait état de marche.”

Les instruments laser permettent d‘étudier la structure interne de l‘œil et aident le chirurgien à opter pour l’implant le plus adapté à son patient.

Susana Marcos, chercheuse en optique et biophotonique au Conseil supérieur espagnol de recherche scientifique (CSIC) et coordinatrice du projet PRESBYOPIA :

“On peut même envisager des lentilles intraoculaires personnalisées, c’est-à-dire conçues spécialement pour chaque patient en fonction des données collectées via nos instruments.”

Grâce à une modélisation numérique de l‘œil, le corps médical devrait à terme être en mesure de fabriquer un implant flexible. Sa forme souple lui permettant d‘être rattaché au muscle ciliaire à la manière du cristallin qu’il vient remplacer.

Andrés de la Hoz Durán, chercheur en biomécanique au Conseil supérieur espagnol de recherche scientifique (CSIC) :

“Cette connexion permet ainsi le transfert des forces du muscle oculaire vers la lentille souple. La déformation de la surface est alors possible, ce qui permet à l‘œil d’accommoder, donc de changer de focale.”

Par ailleurs, l‘équipe de chercheurs a bon espoir d’arriver à miniaturiser les instruments laser sur lesquels elle travaille afin de doter les chirurgiens d’outils beaucoup sophistiqués pour traiter la presbytie.

Carlos Dorronsoro, chercheur en optique physique au Conseil supérieur espagnol de recherche scientifique (CSIC) :

“Nous espérons que ce système permettra aux patients d’anticiper le résultat de l’intervention. Ils pourront voir comment l’implant intraoculaire va modifier leur vision, et ce, de façon optimale grâce à une sélection de lentilles performantes.”

En Europe, 209 millions de personnes souffrent de presbytie, soit près d’un Européen sur deux.

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