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Au collège d'Haltern Am See, l'incompréhension n'a pas encore fait place au chagrin


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Au collège d'Haltern Am See, l'incompréhension n'a pas encore fait place au chagrin

C’est une semaine noire pour le collège Joseph König à Haltern Am See, en Allemagne. Cet établissement a perdu seize de ses élèves dans l’accident de l’A320 de Germanwings. Tous revenaient d’un voyage d‘échange linguistique. La ville de 38.000 habitants et la communauté des parents et des enseignants sont sous le choc. Le collège est protégé par la police car les médias, allemands et internationaux, sont extrêmement nombreux sur place.

Seules quelques personnes, en centre-ville, ont accepté de nous parler.

“J’ai vu quelqu’un aujourd’hui, déclare un homme, qui m’a dit qu’il avait une réunion d’affaires et qu’il ne pouvait pas l’annuler, car la vie continue, c’est ce qu’il a dit. Il a raison, c’est exactement ça… C’est très triste, mais que peut-on faire ?

“Mes trois frères sont dans ce collège, raconte cette femme, et je les ai appelés tous les trois, quatre fois, pour être sûre qu’ils étaient à la maison, je n’arrivais pas à le croire. Tout le monde dit toujours que voler est le plus sûr moyen de transport, et quelque chose comme ça arrive ? C’est incroyable. Mes frères, eux, sont déprimés”.

Un autre homme :
“On ne peut pas mettre de mots là-dessus, ça nous concerne tous et pourtant ça nous dépasse, c’est impensable”.

“Tout le monde se connaît ici, nous dit cette élève du collège Joseph König, et même si vous ne connaissiez pas les victimes personnellement, vous les avez sûrement vues au collège. J’imagine comme ça doit être difficile pour les familles, mais je suis heureuse de voir que tout le monde se serre les coudes”.

La quasi-totalité des élèves, d’habitude si prompts à parler ou plaisanter devant une caméra, affichent cette fois retenue et gravité. Pour beaucoup des adolescents d’Haltern Am See, le temps du chagrin n’est pas encore là.

Olaf Bruns est notre envoyé sur place :
Ici, au collège, le silence et la concentration sont impressionnants. Il faut être ensemble et faire le deuil, et même les plus jeunes élèves se tiennent en silence devant l‘établissement, devant toutes ses bougies allumées. L’un de ces jeunes nous a dit qu’il n’arrivait toujours pas à pleurer car il ne réalisait pas ce qui s‘était passé”.

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